Le Mac Pro est un bel objet, mais un objet qui a provoqué quelques migraines chez son fabricant. | Justin Sullivan / Getty Images North America / AFP
Le Mac Pro est un bel objet, mais un objet qui a provoqué quelques migraines chez son fabricant. | Justin Sullivan / Getty Images North America / AFP

La petite vis qui empêche Apple de produire aux États-Unis

Ne pas délocaliser serait trop compliqué pour la firme, explique le New York Times, qui base son analyse sur une pièce a priori insignifiante.

Une petite vis. Une petite vis de rien du tout. D’un rien du tout qui, pourtant, se transforme en énormité lorsque le New York Times en fait, dans un article passionnant, la raison pour laquelle Apple ne produira probablement jamais ses iPhone aux États-Unis. Les rodomontades de Donald Trump, englué dans la guerre commerciale sino-américaine, n'y changeront sans doute rien.

La petite vis en question est l’une de celles dont Apple a besoin pour finaliser le montage de son luxueux et dispendieux Mac Pro, que la firme avait annoncé en 2012 vouloir produire au Texas. Las, quand il s’est agi d’utiliser en masse cette vis si particulière, Apple a découvert que le «Lone Star State», tout gigantesque qu’il est, était incapable de rivaliser avec la Chine, sa logistique industrielle et sa capacité à répondre immédiatement à des demandes techniques très spécifiques.

28.000 vis, livrées en voiture

Apple a essayé de passer commande de 28.000 de ces vis auprès d’une petite structure locale, Caldwell Manufacturing. Dans ses heures fastes, Caldwell n’aurait eu aucun mal à les fournir. Mais la mondialisation était passée par là, et avec elle une désindustrialisation qui a apparemment rendu compliqué le redémarrage de la production. De manière semble-t-il un peu chaotique et dispersée, le patron de Caldwell a tout de même finalement pu s’exécuter, livrant les 28.000 vis demandées en vingt-deux fois –les apportant parfois lui-même à Apple en voiture, après une heure de route.

«La Chine n’est pas seulement peu chère», a expliqué l’économiste Susan Helper au journaliste du New York Times, Jack Nicas. «C’est aussi un endroit où, parce qu’il est dirigé par un gouvernement autoritaire, vous pouvez forcer 100.000 personnes à travailler pour vous jour et nuit. C’est devenu une part essentiel de tout lancement de produit.»

La même Susan Helper suggère qu’Apple pourrait fabriquer plus de produits aux États-Unis si la firme décidait d’investir du temps et de l’argent sur des chaînes plus robotisées et un personnel plus spécialisé, plutôt que de miser sur une masse de travailleurs et de travailleuses mal payées. Ce qui, ajoute-t-elle, n’arrivera probablement pas.

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