Adam Neumann, cofondateur et visage de WeWork. | Kelly Sullivan / Getty Images North America / AFP
Adam Neumann, cofondateur et visage de WeWork. | Kelly Sullivan / Getty Images North America / AFP

WeWork perd 219.000 dollars toutes les heures

La licorne des open spaces continue de brûler du cash à une vitesse effarante.

Xavier Niel situerait sans doute WeWork dans la catégorie plutôt fermée des quadri-décacornes: cofondée par la rock star des start-ups Adam Neumann, la compagnie de location et d'organisation d'espaces de travail est valorisée à hauteur de 47 milliards de dollars (près de 42 milliards d'euros) et lorgne sur une introduction en bourse.

Mais WeWork, désormais placée dans le giron d'une We Company aux ambitions à 360 degrés, souffre d'une maladie commune à nombre de ces nouveaux géants: pour maintenir le rythme de sa folle course vers l'hypercroissance et la domination totale, elle brûle une quantité astronomique de cash et semble incapable de viser la profitabilité avant longtemps.

Le feu dans l'open space

Le Financial Times a ainsi calculé que la société avait perdu 219.000 dollars (environ 194.000 euros) chaque heure de chaque jour des douze mois précédant mars 2019. Ses pertes pour 2018 ont ainsi doublé et montent à 1,9 millard de dollars –mais son chiffre d'affaires a dans le même temps également doublé, pour atteindre 1,8 milliard de dollars.

«Nous pourrions tout à fait, si nous le décidions, modérer notre croissance et devenir profitables», avait assuré en mars le président de WeWork, Artie Minson, au New York Times. «Mais nous sommes dans une période où nous devons continuer à accélérer», avait-il ajouté.

Père spirituel d'Adam Neumann et patron visionnaire du fonds d'investissement japonais géant SoftBank, Masayoshi Son a un jour expliqué que WeWork représentait «l'avenir du travail». «Masa» et son fonds ont initialement placé quelques billes rondelettes (10 milliards de dollars) dans l'aventure.

Les analystes s'attendaient à ce que Son injecte de nouveau 16 milliards de dollars dans la machine en décembre 2018. Le Japonais en a finalement investi 10 de moins, ce qui a été perçu comme un signe que le modèle de croissance de l'entreprise commençait à poser question.

Si The We Company vise une entrée en bourse moins douloureuse que celle d'Uber ou de Lyft, elle devra trouver quelques solides arguments pour convaincre les investisseurs que ces 219.000 dollars perdus chaque heure feront, à terme, leur fortune.

Après avoir été un moteur pour la visibilité de WeWork, la personnalité contestée de Neumann, présenté dans un long portrait du New York Mag comme «loufoque et idéaliste», pourrait être un poids supplémentaire pour la société.

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