Plus de 21 millions d'abonnements pour Ryan ToysReview, une chaîne qui cible le jeune public avec des message simili publicitaires qui font débat. | Capture YouTube
Plus de 21 millions d'abonnements pour Ryan ToysReview, une chaîne qui cible le jeune public avec des message simili publicitaires qui font débat. | Capture YouTube

YouTube siffle la fin de la récré des vidéastes pour enfants

Les nouvelles règles de la plateforme pourraient porter un coup dur aux chaînes spécialisées.

YouTube est longtemps restée une zone de non-droit concernant la pub. Les partenariats cachés, sponsoring nébuleux et autres placements de produits dissimulés y sont monnaie courante. Ces pratiques sont souvent dénoncées, en particulier lorsque les réclames en question s'adressent à un jeune public.

Les débats ont beaucoup tourné autour des spots qui ciblent la population adolescente –elle n'est pas la seule à être concernée, loin s'en faut. Les très jeunes enfants nourrissent aussi une apétence pour la plateforme.

Lorsqu'il est question de jeunes de moins de 10 ans, une rapide mention en début de vidéo ou un petit encart sont-ils suffisants? Des activistes estiment depuis longtemps que les plus jeunes ne savent pas faire la différence entre publicité et divertissement.

Des abonnements par millions

Longtemps, YouTube a éludé la question en renvoyant à ses conditions d'utilisation, qui interdisent le site aux moins de 13 ans, feignait d'ignorer que de nombreux contenus (dessins animés, publicités pour jouets) sont explicitement dédiés aux bambins.

Tout à changé il y a quelques jours, lorsque la plateforme a été condamnée par la Commission fédérale du commerce des États Unis (FTC) à payer 170 millions de dollars d'amende pour avoir échoué à protéger les données des enfants.

En conséquence, Susan Wojcicki, la PDG de YouTube, a annoncé que dorénavant toute personne regardant du contenu destiné aux enfants (moins de 12 ans) sera considérée comme tel. Dans quatre mois, la collecte de données via des vidéos destinées aux jeunes sera donc limitée et les commentaires et notifications désactivées, tout comme les publicités personnalisées.

Ces nouvelles mesures dévalueront probablement ce type de vidéos auprès des annonceurs. Un coup dur asséné aux chaînes comme Studio Bubble Tea en France, où l'on peut visionner deux petites filles en train d'ouvrir des jouets, filmées par leur père. Très populaire avec son million et demi d'abonnements, ce canal monétisé a fait gagner au papa en question entre 10.000 et 50.000 euros par mois en 2018.

Ces changements ne portent pour l'instant pas sur les vidéos sponsorisées par des marques. Il démontre que la FTC a décidé d'encadrer plus strictement les contenus en ligne auxquels sont exposés les enfants.

Ce n'est peut-être qu'un début. Une plainte a été déposée contre l'un des plus importants enfants-YouTubeurs, Ryan ToysReview. Du haut de ses 7 ans et 21 millions d'abonnements, il animerait l'une des chaînes les plus lucratives de la plateforme.

La plainte estime que la pub et le diverstissement proposés sur la chaîne sont indissociables pour son jeune public. Si la FTC reçoit cette plainte, il deviendrait difficile de faire de l'argent sur le dos des plus jeunes.

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