Avez-vous bien analysé les pubs que vous voyez? | Glen Carrie via Unsplash

Avez-vous bien analysé les pubs que vous voyez? | Glen Carrie via Unsplash

Pour 29 dollars, lavez le cerveau de qui vous voulez

Le marché de la publicité personnalisée a un nouvel acteur, et les harceleurs un nouvel outil.

Vous voulez laver le cerveau de votre partenaire pour l'inciter à coucher avec vous? C'est la promesse de The Spinner. Cette entreprise spécialisée dans la publicité sur internet promet de pouvoir «influencer inconsciemment une personne spécifique, en contrôlant le contenu des sites qu'elle ou il visite régulièrement», annonce le site internet.

Pour cela, inutile d'enfiler un sweat à capuche pour jouer au hacker, The Spinner s'occupe de tout. Pour le prix fixe de 29 dollars (environ 25 euros), le site propose de choisir parmi un éventail de campagnes portant sur différentes thématiques. On peut par exemple encourager ses parents à acheter un chien, conseiller à un proche d'arrêter de rouler en moto ou de stopper la cigarette. La plus populaire étant, bien entendu, celle pour amener une femme à coucher avec son mari (ou inversement).

Elliot Shefler, vice-président du département social et média de The Spinner, explique au Daily Dot le fonctionnement de sa plateforme. Une fois le paiement effectué, le service envoie à la personne visée un lien, anodin en apparence, par SMS. «Quand la cible clique sur le lien, un cookie attaché au lien s'accroche au téléphone visé. À partir de ce moment, la cible sera stratégiquement bombardée d'articles personnalisés pour lui ou elle», détaille Shefler.

Les hommes premiers conquis

Un cookie est un petit fichier texte stocké sur l'ordinateur ou le téléphone, qui indique aux sites visités les préférences de l'utilisateur ou de l'utilisatrice. Le cookie piégé en question vient donc filtrer les pubs, pour ne laisser passer que celles qui correspondent à la campagne choisie. Des liens vers des articles thématiques et ciblés s'affichent alors sur le fil d'actualité Facebook de la victime en tant que contenu sponsorisé –l'entreprise ne précise pas si les publications d'où sont tirés les articles sont averties de cette utilisation. Le service s'engage à présenter dix articles différents à la personne visée, à raison de 180 fois en l'espace de trois mois.

Elliot Shefler affirme avoir convaincu déjà 146.000 clients, principalement aux États-Unis et au Canada (The Spinner n'est pas disponible dans l'UE ou au Royaume-Uni), dont 82% d'hommes grâce au succès du pack sobrement intitulé «Initiate sex!» («Initiez un rapport sexuel!»).

L'initiative a au moins le mérite de montrer que l'expérience utilisateur d'un site aussi important que Facebook peut être altérée à l'aide d'un simple cookie. Elle peut permettre de réfléchir sur la façon dont sont contrôlés les contenus sponsorisés qui tapissent les fils d'actualité et l'identité de leurs annonceurs. Mais cela ne suffit pas à inquiéter Elliot Shefler sur de potentielles représailles de victimes. «Qui va se plaindre? Vous faites partie d'une conspiration», explique le monsieur de manière légèrement mystérieuse.

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