Le bio présente de nombreux avantages, mais il peut s'avérer être un faux ami dans la lutte contre le changement climatique. | Thomas Gamstaetter via Unsplash
Le bio présente de nombreux avantages, mais il peut s'avérer être un faux ami dans la lutte contre le changement climatique. | Thomas Gamstaetter via Unsplash

Le bio ne sauvera pas la planète

En nécessitant plus de terres pour obtenir des rendements équivalents, l'agriculture biologique se révèle polluante.

Une nouvelle étude consacrée aux pratiques agricoles vient de paraître dans Nature Communications. Elle établit, commes d'autres études auparavant, que l'agriculture biologique peut réduire la pollution climatique, mais qu'elle implique de cultiver plus de terres pour atteindre les mêmes rendements, ce qui revient à polluer davantage que l'agriculture conventionnelle.

Les scientifiques, qui –c'est à noter– ne déclarent aucun conflit d'intérêt, ont changé d'échelle en imaginant ce qu'il se passerait si toute l'Angleterre et le Pays de Galles adoptaient les pratiques de l'agriculture biologique.

Leur conclusion est que les émissions directes de gaz à effet de serre liées au bétail diminueraient de 5%, et même de 20% pour les cultures. En revanche, les rendements totaux diminueraient de 40%. Les Britanniques auraient alors le choix entre se serrer drastiquement la ceinture ou importer plus de nourriture de l'étranger.

Besoin accru en surfaces cultivables

Pour faire face à la demande et éviter que la grande famine irlandaise ne se reproduise, il faudrait convertir des prairies et autres espaces sauvages en terres agricoles. Le carbone stocké dans les plantes, les racines et le sol feraient alors augmenter les émissions de gaz à effet de serre de 21%.

Les pratiques agricoles biologiques utilisent des intrants qui produisent moins d'émissions de gaz à effet de serre, tels que le fumier et le compost d'origine animale, et favorisent la rotation des cultures. Dans le cas des engrais synthétiques, leur intérêt est d'augmenter les rendements en apportant une forme d'azote fixe favorisant la croissance des plantes.

En cessant d'utiliser ces derniers, il faudrait 1,5 fois plus de terres pour compenser la perte de production, et donc augmenter considérablement les surfaces cultivées à l'étranger, dont dépendent actuellement l'Angleterre et le Pays de Galles pour leur alimentation.

Si les résultats de cette étude ne surprennent pas réellement, ils sont toutefois tirés d'un examen qui «adopte une perspective à l'échelle du système», comme le souligne Dan Blaustein-Rejto, membre du Breakthrough Institute, un groupe de réflexion qui fait la promotion de solutions technologiques aux défis environnementaux.

Jusqu'à présent, les études comparant les avantages et inconvénients des cultures biologiques et conventionnelles se faisaient à l'échelle d'une ferme ou d'une culture spécifique.

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