L'agriculture verticale demanderait beaucoup moins de ressources que l'agriculture classique. | Via Plenty
L'agriculture verticale demanderait beaucoup moins de ressources que l'agriculture classique. | Via Plenty

Plenty: le futur de l'agriculture est-il une arnaque à 200 millions?

Des employé·es de la start-up d'agriculture verticale estiment que les prouesses de cette technologie sont exagérées par leur direction.

Plenty est une start-up aux ambitions démesurées. Son but: révolutionner l'agriculture telle qu'on la connaît. Plutôt que de planter ses cultures horizontalement, comme dans un champ traditionnel, elle les empile verticalement, dans des serres tout droit sorties d'un film de science-fiction.

La start-up affirme qu'elle peut ainsi cultiver en utilisant «99% moins de terrain et 95% moins d'eau», le tout sans pesticides ni OGM. Ces promesses ont mis l'eau à la bouche des investisseurs: en 2017, Plenty a réussi à lever plus de 200 millions de dollars, notamment auprès de SoftBank et du PDG d'Amazon Jeff Bezos.

Seulement, il semblerait que l'entreprise –tout comme son PDG Matt Barnard– aime entretenir la confusion entre ses ambitions lointaines et ce qu'elle est réellement capable d'accomplir. C'est du moins ce qu'ont affirmé à Business Insider des employé·es de la start-up, sous couvert d'anonymat.

D'après ces insiders, Plenty est constituée de deux branches bien distinctes, à l'image de beaucoup d'entreprises innovantes. Une partie est chargée de la recherche et du développement: elle étudie de nouvelles solutions, expérimente, construit, reconstruit...; l'autre cultive les produits ensuite mis en vente.

Raconter des salades

La direction aurait tendance à brouiller la frontière entre ces deux activités. Barnard dit souvent que son entreprise produit «des fruits et des légumes». Lors d'une conférence, il annonçait même «des fruits et légumes qui restent frais des semaines […]. Plus de salades ou de fraises molles dans votre réfrigérateur.» Le site de la start-up est d'ailleurs illustré par une photo de belles fraises bien rouges.

Le hic, c'est que Plenty ne vend pas de fruits et n'en a jamais vendu. Elle ne faisait en réalité qu'expérimenter la culture de fruits. L'entreprise prétend aussi vouloir «mettre fin à la malnutrition», alors que seule une ferme met pour l'instant ses produits en vente, qui se résument à quatre sortes de salades différentes.

Les sept employé·es interrogé·es par Business Insider estiment que la direction a plus d'une fois exagéré les capacités réelles de l'entreprise. L'un d'eux évoque «une mentalité “construire l'avion alors que l'on vole déjà à son bord”», qui se traduit également par des installations parfois dangereuses, notamment des câbles électriques qui traînent dans les flaques d'eau causées par des fuites régulières.

Cela ne signifie pas que la culture verticale n'a pas d'avenir, simplement que cette technologie est encore en développement. Dans une Silicon Valley parfois un peu trop prompte à croire aux miracles, l'histoire l'a prouvé: prudence sur les promesses des start-ups.

En ce moment

Quand la Playstation servait à étudier les trous noirs

Tech

Quand la Playstation servait à étudier les trous noirs

Peu coûteuse et adaptable, cette machine taillée pour le jeu a aussi fait des miracles en sciences.

Le «sale petit secret» d'Uber, la pollution des sacs réutilisables, des bébés génétiquement modifiés, une semaine sur korii.

Et Cætera

Le «sale petit secret» d'Uber, la pollution des sacs réutilisables, des bébés génétiquement modifiés, une semaine sur korii.

De la lecture et des surprises pour votre samedi.

La recherche des seins parfaits, la mafia meilleure que Goldman Sachs, +100% à Wall Street, une journée sur korii.

Et Cætera

La recherche des seins parfaits, la mafia meilleure que Goldman Sachs, +100% à Wall Street, une journée sur korii.

Ce qu'il fallait lire aujourd'huii.