Un entrepôt de Peterborough, dans l'est de l'Angleterre, se prépare pour le Black Friday le 27 novembre 2019. | Daniel Leal Olivas / AFP
Un entrepôt de Peterborough, dans l'est de l'Angleterre, se prépare pour le Black Friday le 27 novembre 2019. | Daniel Leal Olivas / AFP

Dans les entrepôts d'Amazon, on doit travailler même quand on est blessé

L'entreprise aurait tendance à soigner sur place des blessures qui mériteraient une réelle attention médicale.

Une nouvelle investigation commune de The Intercept et TypeInvestigations met en lumière certaines pratiques d'Amazon concernant les accidents du travail dans ses entrepôts américains.

Lorsqu'une personne se blesse dans l'un des centres logistiques de l'entreprise, elle se dirige vers une infirmerie appelée Amcare, où se trouvent des «Emergency medical technicians». Ces professionnel·les de santé sont l'équivalent américain d'ambulancièr·es, formé·es aux soins d'urgence et aux premiers secours.

Les cliniques Amcare sont donc censées traiter les petits accidents sans trop de gravité. En cas de blessure sérieuse, elles doivent logiquement diriger la personne blessée vers les urgences ou un médecin pour des examens supplémentaires.

Seulement, après avoir inspecté un centre de tri en 2015, l'OSHA (Occupational Safety and Health Administration), une agence fédérale chargée de la prévention des accidents du travail, a envoyé une lettre d'avertissement à Amazon afin de lui notifier que le personnel de ces infirmeries fournissait des soins pour lesquels il n'avait pas d'habilitation.

Récemment, The Intercept a interrogé quinze personnes travaillant au sein de ces cliniques à travers les États-Unis, afin de déterminer si la situation avait changé. Dix ont assuré que leur hiérarchie les pousse à renvoyer au travail des personnes qui auraient eu besoin de plus d'attention médicale. Huit d'entre elles estiment aussi qu'il existe «un conflit d'intérêt entre les priorités de leurs managers et leurs devoirs en tant que professionnels de la santé».

Conserver la cadence

Les protocoles officiels de l'entreprise prévoient que les employé·es doivent voir un médecin à chaque fois que c'est nécessaire. Seulement, il est plus intéressant pour Amazon que ses salarié·es retournent à la tâche le plus vite possible. Et donc qu'ils et elles ne soient pas transféré·es aux urgences d'un hôpital loin de leur lieu de travail, où on pourrait leur prescrire un arrêt.

Ces accusations sont d'autant plus graves que les cadences infernales dans les entrepôts Amazon contribuent à un environnement de travail particulièrement dangereux pour les employé·es.

Récemment, The Atlantic a étudié les données relatives aux accidents du travail dans 23 des 110 entrepôts de l'entreprise. Sur l'année 2018, il a décompté 9,6 blessures sérieuses pour 100 salarié·es à plein temps. C'est plus du double de la moyenne de l'industrie, qui se trouve à 4 blessures graves pour 100 personnes.

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