Le centre-ville paisible plaît bien à la mairie. | Eirik Skarstein via Unsplash

Le centre-ville paisible plaît bien à la mairie. | Eirik Skarstein via Unsplash

Amsterdam veut profiter de la crise pour rendre son centre aux locaux

Animé par les coffee shops et maisons closes à vitrines, son cœur historique est délaissé par les habitant·es.

Chaque année, 19 millions de touristes visitent Amsterdam et y dépensent 6 milliards d'euros. Tout le centre-ville historique regorge de boutiques de souvenirs, de logements Airbnb et de lieux en tout genre pour pouvoir accueillir ces millions de quidams.

Depuis quelques mois, avec la crise du Covid-19, le flot ininterrompu de touristes s'est tari. Pour la population locale, c'est l'occasion de confirmer ce qu'elle savait depuis bien longtemps: le centre-ville historique ne lui appartient plus.

«Cela nous rappelle douloureusement à quel point peu de monde habite vraiment dans le centre, et le peu qu'il a à offrir aux locaux», explique à Bloomberg Mascha ten Bruggencate, qui siège au conseil du district Amsterdam-Centre. «Il faut que ça change», ajoute-t-elle.

Fin mai, la bourgmestre d'Amsterdam, Femke Halsema, a proposé un plan destiné à racheter de l'immobilier et à limiter les permis pour les boutiques de souvenirs ou les coffee shops, afin de rendre le centre réellement vivable pour les résident·es.

La ville essaie aussi d'inciter des entreprises à y installer leurs bureaux, afin que les Amstellodamois·es puissent y travailler. Elle s'est ainsi réjouie de l'installation récente d'Adyen, une entreprise de fintech, dans des bureaux de 17.000 mètres carrés.

Drogue et prostitution

La ville s'interroge par ailleurs sur le type de touristes qu'elle attire. Outre les musées, canaux et maisons en briques, la vente légale de cannabis et la prostitution font venir nombre de visiteurs et visiteuses.

Les fans de weed et touristes sexuels ne sont pas vraiment le type de gens que les riverain·es et entreprises rêvent d'avoir comme voisins. Malgré les efforts qu'accomplit la ville depuis quelques années, les commerces du cannabis et de la prostitution –notamment les propriétaires qui louent des chambres avec vitrine dans le quartier rouge– n'ont aucunement l'intention de quitter les lieux.

Avec l'épidémie, beaucoup de ces vitrines n'ont eu d'autre choix que de fermer leurs rideaux. Certaines personnes y voient le moment idéal pour préempter ces emplacements.

Rien ne dit cependant que la stratégie puisse payer. Il y a une dizaine d'années, plus d'une centaine de maisons closes à vitrine avaient déjà été rachetées mais aucune entreprise haut de gamme n'avait alors voulu s'y installer.

La ville est en outre sous la pression des commerces, qui souhaitent que le tourisme reprenne aussi tôt que possible. Équilibrer la balance s'annonce difficile.

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