La mainmise d'Apple sur la réparation de ses produits est un motif de grogne chez nombre de consommateurs et de consommatrices. | Carlos Irineu da Costa via Unsplash

La mainmise d'Apple sur la réparation de ses produits est un motif de grogne chez nombre de consommateurs et de consommatrices. | Carlos Irineu da Costa via Unsplash

Apple et la réparation: la fin du tout-jetable?

Motherboard a mis la main sur un document interne qui en détaille les modalités.

Farouchement opposé au marché de la réparation de smartphones, Apple pourrait faire marche arrière, comme le prouvent des documents internes obtenus par Motherboard.

Selon une présentation intitulée «Apple Genuine Parts Repair» («Réparation de pièces d'origine Apple») datée du mois d'avril 2018, l'entreprise s'ouvre ainsi à la réparation par un tiers. Apple donne aussi accès à son logiciel maison de diagnostic et ne limite pas les types de réparations qui peuvent être prises en charge. La présentation souligne que les sociétés en question pourront poursuivre leur activité sans rien changer à leur procédés tant qu'elles utilisent «des pièces originales d'Apple, des pièces de rechanges fiables et les process d'Apple».

Ce changement intervient après des années de grogne de la part des activistes qui ont fait de ce sujet un fer de lance. «Cela ressemble à un cadre pour se conformer à la législation sur le droit de réparer», note Kyle Wiens, PDG de iFixit. «Pour l'instant, ils ne l'offrent qu'à quelques grandes chaînes, mais il me semble évident qu'il est totalement possible de se conformer au droit de réparer», ajoute-t-il.

Cette législation, déjà introduite dans vingt États américains, entend redonner au grand public le pouvoir de remettre leurs appareils électroniques d'aplomb en obligeant les grands constructeurs à vendre des pièces de rechange et les outils nécessaires. Cela les forcerait également à rendre public des guides d'instruction et des outils de diagnostic.

Encore officieux

Les lobbyistes de l'opposition, dont fait partie Apple, combattent l'introduction d'une telle loi au niveau fédéral, arguant qu'elle «menace la sécurité et la sûreté des consommateurs et consommatrices» et «étouffe l'innovation». En 2017, un représentant d'Apple est allé jusqu'à mettre la pression sur une sénatrice du Nebraska pour empêcher un texte d'être promulgué. «Apple a dit que nous serions le seul état à adopter ceci, et que nous deviendrions la Mecque des hackers», raconte la sénatrice Lydia Brasch.

Les techniciens agréés Apple peuvent remplacer des écrans et des batteries et ne peuvent rien faire de plus. Revenir sur cette politique pour les laisser effectuer plus de réparations est un pas vers le droit de réparer et une preuve que les militants les ont forcé à changer.
Nathan Proctor, directeur de campagne de U.S. Pirg

La présentation ne précise pas à quel moment tous ces outils seront mis à disposition à grande échelle mais indique que «plus de 3.700 fournisseurs de service agréés par Apple» sont concernés. Quatre grandes chaînes de réparations sont aussi citées: Mobile Kangaroo en Californie, AA Mac au Royaume-Uni, Simply Mac à Salt Lake City et Makina Technologies à Dubaï. Mais ni Apple, ni ces chaînes n'ont souhaité commenter l'information à Motherboard.

«Les techniciens agréés Apple peuvent remplacer des écrans et des batteries et ne peuvent rien faire de plus», commente Nathan Proctor, directeur de campagne de U.S. Pirg, un groupe de recherche d'intérêt public. «Revenir sur cette politique pour les laisser effectuer plus de réparations est un pas vers le droit de réparer et une preuve que les militants les ont forcé à changer», estime-t-il.

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