Plus d'une décennie de musique partie dans les limbes, c'est un peu d'histoire qui aurait pu s'éteindre –avant l'intervention d'archéologues du net. | Jason Kempin / Getty Images North America / AFP
Plus d'une décennie de musique partie dans les limbes, c'est un peu d'histoire qui aurait pu s'éteindre –avant l'intervention d'archéologues du net. | Jason Kempin / Getty Images North America / AFP

MySpace égare 50 millions de titres, des universitaires en sauvent 450.000

Ce sont douze ans de musique qui ont failli être effacés par une bourde technique de la plateforme.

Bien que ce réseau antique parte désormais à la dérive, il serait injuste d'oublier MySpace: avant Facebook et avant Twitter, il était le centre des existences numériques de millions d'individus dans le monde entier.

La plateforme fut également un tremplin vers la gloire plus efficace que n'importe lequel des radio-crochets télévisés pour des dizaines d'artistes –Lily Allen, Adele, The Arctic Monkeys, The Weeknd ou MGMT font partie des dizaines d'artistes dont le platine a d'abord brillé sur MySpace avant d'irradier les cœurs de leurs fans.

Quand l'histoire s'efface

MySpace est toujours en ligne. Et de nombreux morceaux y étaient encore hébérgés et accessibles jusqu'à très récemment, quand: patatras! Un petit bug, une légère boulette, la mini bourde: fin mars, MySpace annonçait avoir égaré l'intégralité des chansons qui y avaient été publiées entre 2003 et 2015, lors d'une migration de données négociée a priori de manière un peu cavalière...

Douze ans de création, une somme de morceaux de l'orde des 50 millions publiés par 14 millions d'artistes: c'est tout un pan de l'histoire moderne de la musique qui disparaissait ainsi dans une indifférence plutôt générale, prouvant à qui ne voulait pas l'entendre que la culture numérisée n'est pas nécessairement vouée à exister pour l'éternité.

Réjouissez-vous, camarades nostalgiques: de fins archéologues du net ont réussi à retrouver une petite partie de ces morceaux –malgré l'impossibilité technique annoncée de manière abrupte par MySpace. Une petite partie par rapport à l'ensemble, certes, mais qui reste quand même plutôt maousse: un total de 450.000 titres ont été débusqués par la petite équipe, qui a pu mettre la main sur les 1,3 tera de données téléchargées entre 2008 et 2010 par une équipe de jeunes scientifiques étudiant la relation entre musique et réseaux dans le cadre de leur université.

Le tout se consulte librement à cette adresse –sans que la question des droits n'ait été posée par quiconque, pour l'instant. Il vous faudra néanmoins une connexion solide et pas mal de patience si vous désirez télécharger l'intégralité de cette archive nommée le «Magot du dragon» –même équipé de la plus robuste des fibres, vous n'êtes pas à l'abri de craquer avant la fin du transfert des 164 fichiers zippés.

À moins que vous ne souhaitiez profiter de la collection comme à la (pas si) vieille époque de MySpace, donc en streaming: les mêmes personnes ont développé un petit lecteur maison qui permet de lire l'ensemble des titres sauvegardés, et de faire des recherches dans l'index géant de cette discothèque inespérée. Les nostalgiques ou les personnes désœuvrées ont donc de quoi s'occuper.

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