Le coronavirus esquisse un virage vers des espaces moins denses et plus modulaires. | 贝莉儿 DANIST via Unsplash
Le coronavirus esquisse un virage vers des espaces moins denses et plus modulaires. | 贝莉儿 DANIST via Unsplash

L'architecture urbaine pourrait sortir transformée de la crise du Covid-19

Dans quelles conditions serons-nous prêt·es à vivre et travailler après la pandémie?

Cela fait bien longtemps que les maladies influencent l'architecture. La tuberculose, par exemple, a poussé Alvar Aalto à construire le sanatorium de Paimio en Finlande, où il a placé les sources de lumière en dehors du champ de vision des patient·es, mais suffisamment près pour illuminer le lit et maximiser les chances d'éradiquer la maladie.

Il n'est pas difficile d'imaginer que ces prochaines années, le Covid-19 bouleversera également la conception et le design de nos bâtiments.

Dans un article du New Yorker, l'architecte Koray Duman imagine un environnement modulable et un mobilier amovible pour nos habitations. «Je ne suis pas sûr [qu'un mur statique] soit nécessaire, avance-t-il. S'il était sur des roues, imaginez tout ce que vous pourriez faire.»

C'est que le confinement risque d'avoir un effet subconscient durable: lorsque l'on choisira son lieu de vie ou que l'on aménagera son intérieur, l'idée que l'on pourrait s'y retrouver coincé·e pendant des mois pèsera sans doute dans la balance.

Ô densité ennemie

L'architecture de nos bureaux est également susceptible d'évoluer. «Si vous voulez changer les habitudes de proximité, [...] la visualisation est la clé pour que les gens se sentent en sécurité», souligne Jeroen Lokerse, l'un des directeurs du promoteur immobilier Cushman & Wakefield au Pays-Bas.

L'entreprise expérimente d'ailleurs un nouveau concept dans ses locaux à Amsterdam: des cercles d'1,5 mètre pour délimiter l'espace de chacun·e autour des bureaux, et des fournitures entièrement jetables pour que n'importe qui puisse s'installer à n'importe quel bureau sans risquer la contamination.

«Nous sommes allés trop loin dans le processus de densification générale, dans un effort pour être les plus efficaces possible», reconnaît Lokerse, qui assure néanmoins que «cela va changer». Cette prise de conscience ne signifie pas pour autant que les open spaces vont disparaître dès demain.

Georgeen Theodore, directeur du cabinet d'architecture et d'urbanisme Interboro, estime lui aussi que la crise du Covid-19 est propice au changement. Il espère qu'elle va pousser les architectes et designers à dépasser leurs limites: «Lorsque le statu quo souffre d'une défaillance momentanée, cela permet à tout le monde de s'apercevoir que tout est possible.»

Cet état d'esprit encourage les villes à se réinventer, et surtout à se dédensifier. Des écoles réfléchissent à faire cours en extérieur, Vilnius a permis aux bars et restaurants d'investir des rues fermées pour que leurs tables soient installées à des distances appropriées, des voies de New York sont devenues entièrement piétonnes dans l'espoir de désengorger les parcs…

Cet urbanisme dit «tactique» cultive une approche de terrain et s'appuie sur les expériences menées par les habitant·es. Il pourrait stimuler une renaissance de l'architecture locale, qui s'est progressivement effacée au profit d'une homogénéisation esthétique des appartements, cafés ou restaurants des villes du monde entier.

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