Un missile hypersonique décolle de la base militaire de Kauai, à Hawaii, le 19 mars 2020. | Oscar Sosa / Us Navy / AFP
Un missile hypersonique décolle de la base militaire de Kauai, à Hawaii, le 19 mars 2020. | Oscar Sosa / Us Navy / AFP

Les missiles hypersoniques, révolution ou poudre aux yeux?

Une étude met en doute les performances de ces nouveaux engins ultra-rapides.

Un missile nucléaire pouvant parcourir plus de 1.600 kilomètres en moins d'une demi-heure. La perspective est effrayante, mais elle pourrait bientôt devenir réalité. La DARPA, l'agence de recherche et de développement du Pentagone, est en ce moment même en train d'élaborer un tel engin pour les forces armées des États-Unis.

Le pays travaille ainsi sur des missiles baptisés OpFires, dont «fabrication, assemblage, et tests de vol à échelle réelle» devraient démarrer d'ici à 2022. Ce système, qui peut être monté sur un camion, consiste en un véhicule «boost glide», soit une fusée miniature, contenant un missile.

Le véhicule est tiré depuis le sol et s'élève très haut, mais sans sortir de l'atmosphère comme le ferait un missile balistique, puis traverse l'atmosphère à vitesse hypersonique, soit à Mach 5 –cinq fois la vitesse du son, 6.174 kilomètres par heure. Une fois au-dessus de la cible, le missile, doté d'explosifs conventionnels ou nucléaires, est tiré depuis la fusée, toujours aussi vite.

Sa portée est de 1.000 miles, soit un peu plus de 1.600 kilomètres. Pour se faire une idée, cela signifie qu'en théorie, un missile tiré depuis Paris pourrait atteindre l'Afrique du Nord en moins de vingt minutes.

L'intérêt d'une telle arme réside dans sa rapidité, qui réduirait les risques de détection et donc d'interception par les ennemis, ainsi que le temps de préparation à l'impact.

Des fonds, des fonds, des fonds

C'est du moins ce que ses concepteurs promettent. Car David Wright, un physicien du MIT, a récemment publié une étude, appuyée par d'autres spécialistes, qui estime que si ces systèmes balistiques apportent certaines nouveautés, ils sont «une évolution, pas une révolution».

En se basant sur des simulations informatiques, le scientifique estime que les trajets intercontinentaux de ces missiles sont en réalité plus longs que ceux de leurs équivalents balistiques, et qu'ils restent détectables par des satellites ennemis pendant la majorité de leur temps de vol.

Selon lui, les performances des missiles hypersoniques sont exagérées afin de continuer à attirer les financements. Interrogé par le New York Times, le Pentagone considère cette étude comme obsolète car basée sur des calculs dépassés, mais refuse de fournir des données plus récentes.

Ce type de missiles devrait être interdit par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Mais Vladimir Poutine et Donald Trump ayant choisi en 2019 de sortir du traité, leurs deux pays sont désormais libres de produire de telles armes, derrières lesquelles courent aussi de nombreuses armées nationales –française et indienne notamment. Reste à voir ce que l'administration Biden décidera.

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