Un employé de Rio Tinto inspecte la terre de l'Outback australien fraîchement minée. | AFP / RIO TINTO / FILES
Un employé de Rio Tinto inspecte la terre de l'Outback australien fraîchement minée. | AFP / RIO TINTO / FILES

En Australie, Rio Tinto pourrait détruire 124 sites aborigènes

L'émoi suscité par de premiers ravages ne freinera peut-être pas le géant minier.

Le 27 mai dernier, deux grottes aborigènes vieilles de 46.000 ans avaient été réduites en poussière par l'entreprise minière Rio Tinto. Aujourd'hui, malgré la démission du patron du groupe face à l'indignation générale suscitée par ces dynamitages, le Guardian révèle que 124 sites aborigènes supplémentaires sont menacés par l'activité du géant minier.

C'est le comité parlementaire fédéral enquêtant sur l'explosion des sites de la gorge de Juukan qui a eu accès à ces informations. Selon des témoignages récoltés, plusieurs «propriétaires traditionnels» appartenant au peuple Yinhawangka de la région de Pilbara, en Australie-Occidentale, auraient été poussé·es à signer un accord permettant à Rio Tinto d'exploiter leurs terres, où se situent 124 sites aborigènes, dont une grotte aborigène vieille de 27.000 ans.

Pour l'heure, Rio Tinto aurait déjà reçu l'approbation pour détruire 26 de ces sites, qui se trouvent sur le chemin d'un gisement du groupe, à moins de 100 kilomètres des grottes qu'ils ont fait exploser en mai dernier. Mais selon l'archéologue Anna Fagan, c'est bien la centaine de sites patrimoniaux qui pourraient être à terme détruits dans l'expansion des mines du groupe situées dans la zone.

Aboriginal Heritage Act

En signant en 2013 l'accord avec Rio Tinto, les membres du peuple Yinhawangka ont pensé, à tort, que des lois en vigueur dans la région garantiraient la protection des sites historiques, rapporte le Canberra Times.

Pourtant, en vertu de l'Aboriginal Heritage Act de 1972, les propriétaires traditionnel·les ne peuvent pas apposer leur veto à un projet –seul·es les propriétaires légaux et légales ont le droit de le faire.

Ainsi, si le groupe minier reçoit le feu vert (article 18) pour son projet, ce qui est le cas pour 26 des 124 sites aborigènes concernés, il a légalement le droit de faire ce que bon lui semble sur la zone, y compris d'y poser de la dynamite.

L'espoir de voir Rio Tinto renoncer au projet existe malgré tout, explique au Guardian Grant Bussell, directeur général de la Yinhawangka Aboriginal Corporation (YAC), qui tente d'empêcher la destruction des sites.

Après le scandale qu'a provoqué le dynamitage des grottes au mois de mai, le groupe minier serait «un peu plus prudent autour de la protection des sites» et aurait fait «des déclarations positives». La mobilisation, y compris celle d'actionnaires et investisseurs et investisseuses plus regardantes sur les questions de ce type, pourrait infléchir le cours des choses –mais rien ne semble encore joué.

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