Le nombre de propriétaires de panneaux solaires a explosé ces dernières années en Australie. | Zbynek Burival via Unsplash
Le nombre de propriétaires de panneaux solaires a explosé ces dernières années en Australie. | Zbynek Burival via Unsplash

Les Australiens vont devoir payer pour vendre leur énergie solaire

L'électricité produite par les particuliers est devenue tellement abondante que le réseau sature.

L'énergie solaire, c'est bon pour la planète. Mais trop d'énergie solaire, c'est mauvais pour le porte-monnaie. Du moins en Australie.

Une proposition de loi vient de voir le jour dans le pays afin de taxer les particuliers disposant de panneaux solaires lorsqu'ils injectent de l'électricité dans le réseau. L'objectif est d'éviter une surcharge du réseau, notamment l'été où l'ensoleillement est le plus fort.

Il faut dire que le nombre de propriétaires de panneaux solaires a littéralement explosé ces dernières années en Australie: aujourd'hui, 20% des ménages, soit 2,6 millions de foyers, disposent d'énergie solaire, contre 0,2% en 2007, relève The Guardian. Conséquence: la demande électrique s'est effondrée et le réseau frôle désormais l'embouteillage. Au quatrième trimestre 2020, l'énergie solaire a ainsi couvert 100% des besoins en électricité en Australie du Sud, indique l'opérateur national AEMO.

«Les exportations des systèmes de 5 kW ou plus dépassent à présent nettement les importations, même avec des batteries, car ces dernières sont complètement chargées vers midi», alerte Energy Networks Australia, qui représente l'industrie de distribution d'électricité. «Ces flux inverses entraînent des pics de tension qui peuvent endommager le réseau et les équipements et entraîner une surcharge thermique des transformateurs», s'inquiète l'association.

Trop de solaire tue le solaire

Aujourd'hui, les Australiens sont rémunérés lorsqu'ils injectent de l'électricité dans le réseau (entre 6 et 15 cents le kWh selon les États et les opérateurs). La nouvelle taxe constituerait donc un virage à 180 degrés. La Commission australienne du marché de l'énergie (AEMC), à l'origine du projet de loi, se veut toutefois rassurante: la perte serait minime, environ 70 dollars australiens par an (45 euros) sur une économie moyenne annuelle de 900 dollars (581 euros).

Et encore, cet impact pourrait être réduit si les ménages étaient incités à l'autoconsommation, ajoute l'AEMC. «Ne rien faire n'est pas une option, prévient-elle. Si l'on devait bloquer les exportations des utilisateurs 50% du temps, cela réduirait leurs revenus solaires de plus de 300 dollars par an.» Une autre alternative consisterait à augmenter la capacité de trafic en construisant plus de lignes électriques, mais cela serait «très coûteux et finirait par se retrouver sur les factures, que l'on ait ou non de l'énergie solaire».

L'Australie n'est qu'un exemple des défis que représente la montée en charge du renouvelable. En 2025, la part de celui-ci dans la production électrique atteindra 33%, dépassant celle du charbon, prédit l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Or, ces énergies intermittentes posent de graves problèmes de stabilisation du réseau. Trop importantes lors de pics de soleil et de vent, elles peuvent se mettre à l'arrêt en plein hiver lorsque la demande est au plus haut.

La taxe australienne pourrait toutefois faire des heureux: les fabricants de batteries domestiques comme Tesla, pour qui ce genre de projet est une véritable aubaine.

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