La société Genies crée ces miniatures pour remplacer certaines stars sur les réseaux sociaux. | Capture d'écran via Genies

La société Genies crée ces miniatures pour remplacer certaines stars sur les réseaux sociaux. | Capture d'écran via Genies

Identités numériques, ou comment les célébrités se dédoublent sur le web

Ces copies humaines animées en 3D représentent de belles opportunités économiques mais posent aussi la question du hacking.

Les contrats avec les marques se multiplient pour les célébrités et les influenceurs ou influenceuses sur les réseaux sociaux. Un phénomène qui pose une question: comment être présent·e partout, tout le temps?

Pour certain·es, la réponse est dans les avatars. Des célébrités comme Offset, DJ Khaled ou Steve Aoki font déjà appel aux services de Genies, qui permet de créer des avatars animés en 3D. Lorsque les personnes de chair et d'os sont indisponibles, mais doivent sortir une vidéo ou poster un message en ligne, Genies s'occupe de créer un contenu avec leurs clones virtuels puis leur demande leur accord avant de partager le contenu sur leurs réseaux sociaux.

Identités multiples

«Les Genies font de meilleurs performances que les humains si l'on se base sur les likes, les commentaires et les vues», expliquait Akash Nigam, cofondateur de l'entreprise, lors d'une table ronde organisée par Fast Company début juillet dans le cadre du Festival de Milan.

Attention toutefois: pour une image de marque cohérente, Akash Nigam recommande de ne pas trop multiplier les alias. «Pour éviter de perdre en authenticité, l'avatar doit être l'extension de l'identité d'une personne. Pas une personnalité alternative», explique-t-il.

Un point de vue que Martine Jalgaard nuance: «Il est positif de pouvoir jongler entre elles [les identités,ndlr]», explique la créatrice de l'installation Meet Yourself, dans laquelle les participant·es se retrouvent face à face avec un double d'eux-même grandeur nature. «C'est utile d'avoir de multiples proxys», ajoute-t-elle.

Posséder son identité

La question de l'identité en ligne est, depuis les débuts d'internet, complexe. Toute innovation présente également des risques: ces copies humaines animées en 3D sont un nouveau moyen de se présenter sur les réseaux, mais ils n'effacent pas les polémiques autour de l'anonymat, des deepfakes ou des hacks de comptes.

Les grands groupes (Google, Facebook ou Snapchat notamment) planchent tous sur le développement de leurs propres services en la matière, mais les cadres ou les règles –lorsqu'elles existent– permettant de revendiquer ou de protéger une identité numérique sont encore très floues.

Une conférence de Stéphane Maguet, directeur de l'innovation de l'agence We Are Social, pour comprendre le phénomène.

«Le monde digital, c'est le Far West», conclut Kevin Abosch, l'artiste créateur de I am a coin, œuvre pour laquelle il a marqué de son sang le registre d'une blockchain afin d'explorer le lien entre identité et valeur.

Selon lui, une identité digitale est un concept fluide que beaucoup vont piétiner ou utiliser à vos dépens. «La seule question est: est-ce que vous aller vous asseoir et pleurer… ou vous adapter?»

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