Il n'y a pas que le torchon qui brûle entre le Royaume-Uni et le continent. | Niklas Halle'n / AFP
Il n'y a pas que le torchon qui brûle entre le Royaume-Uni et le continent. | Niklas Halle'n / AFP

Pour surveiller la pêche en cas de «no deal», la Royal Navy dépendra d'une firme française

Maîtres chez eux? C'est un peu plus compliqué que ça.

Parce qu'il rejoint et illustre par l'absurde l'actualité chaude des négociations sans fin entre l'Union européenne et le gouvernement Johnson, un article du Times d'octobre 2019 a abondamment circulé sur Twitter ces derniers jours. Édifiant, il raconte comment le Royaume-Uni a confié la surveillance satellitaire de son espace maritime à une société tricolore.

Il y a quatorze mois, à la suite d'un appel d'offres, le département britannique de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Defra) a confié le marché de la surveillance des bateaux dans l'espace maritime du Royaume-Uni au Français Collecte Localisation Satellites (CLS), succédant au Britannique Globavista.

L'accord reste d'actualité: en cas de «no deal», c'est sur les données de CLS que la Royal Navy devra s'appuyer pour patrouiller dans les eaux britanniques afin de surveiller les zones de pêche, comme cela est prévu par Londres.

Maîtres chez eux (sort of)

«J'ai mis en garde le ministre des Pêches George Eustice il y a plusieurs mois du danger politique d'une telle initiative. Je ne peux pas croire que quiconque ayant un sens politique quelconque puisse prendre une décision comme celle-ci», avait alors protesté Andrew Bridgen, député conservateur du North West Leicestershire.

Cerise sur le gâteau: CLS est en partie détenue par deux institutions publiques françaises: le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

De quoi susciter l'ire d'Andrew Bridgen. «Il est ridicule, à un moment où nous sommes censés reprendre le contrôle de nos pêcheries, que nous en confions la surveillance à une entreprise détenue en partie par le gouvernement français», avait-il tonné.

De son côté, le Defra avait assuré qu'un appel d'offres transparent a eu lieu et que la meilleure offre avait été choisie, ce qui est probablement vrai. Reste qu'en plein Brexit, la situation a quelque chose de cocasse.

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