La génération Y est à bout. Colorée, mais à bout. | Julián Gentilezza via Unsplash

La génération Y est à bout. Colorée, mais à bout. | Julián Gentilezza via Unsplash

Comment le capitalisme de la fin du XXe a formaté les millennials

Selon l'écrivain Malcolm Harris, ces gens nés entre 1980 et 2000 ont été forcés à grandir trop vite avant de devoir s'intégrer dans le marché du travail.

«Qu'est-ce qui a rendu les millennials comme cela? Pourquoi sont-ils si surmenés? Pourquoi ont-ils si peu d'enfants? Pourquoi se marient-ils si tard? Pourquoi sont-ils obsédés par l'efficacité et la technologie?» Ce sont les questions que se pose l'écrivain Malcolm Harris, lui-même un «millennial», dans son livre Kids These Days: Human Capital and the Making of millennials. Il détaille sa pensée dans une interview pour Vox.

Pour Harris, un seul mal à tous ces problèmes: l'économie. Et plus particulièrement les dégâts causés par le capitalisme de la fin du XXe siècle. À cause de lui, Harris avance que les «millennials», ces gens nés entre 1980 et 2000, ont été forcés à grandir trop vite avant de devoir s'intégrer dans le marché du travail. Sur ce dernier, il souligne la différence entre la surexploitation des personnels et les salaires qui stagnent. En conséquence, la concurrence s'accentue et le profil des travailleurs et travailleuses s'adapte. «La grande majorité d'entre nous sommes des travailleurs remplaçables, et en travaillant moins, nous nous affaiblissons en tant que classe. C'est un cercle vicieux.»

Un avenir sombre

Cette lutte des classes lui fait penser au marxisme. Il pointe en outre que les jeunes individus, croulant sous d'importantes dettes contractées pour payer leurs études, doivent se conformer à ce qu'un marché de l'emploi hyper-compétitif attend d'eux, et le font de manière très individualiste. «Nous sommes tous des agents économiques poursuivant notre propre intérêt», résume l'auteur.

Harris ne se fait pas d'illusions et prédit un futur inquiétant à ces «millennials». «Ce sont des exploiteurs comme les autres, écrit-il ainsi. Les millennials capitalistes seront tout aussi mauvais, sinon pires, que leurs prédécesseurs, car ils ont hérité de ce système d'exploitation.»

Selon Vox, ce fatalisme se ressent tout au long de la lecture de l'ouvrage. Harris estime que le système capitaliste ne pourra pas durer éternellement, mais il ne croit pas que son successeur sera forcément meilleur. Dans tous les cas, «nous devons nous occuper du capitalisme, ou il s'occupera de nous», prévient-il.

En conclusion de son livre, Harris ne voit que deux issues pour les «millennials»: devenir fascistes ou révolutionnaires. «Ce n'est pas à moi de dire ce qui doit être fait, mais les gens peuvent voir le monde et décider pour eux-mêmes», assène-t-il. À bon entendeur.

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