Le smog recouvre Pékin, le 20 décembre 2016. | Greg Baker / AFP
Le smog recouvre Pékin, le 20 décembre 2016. | Greg Baker / AFP

En Chine, la lutte contre la pollution sacrifiée sur l'autel de la croissance

Pour soulager une économie qui ralentit, Pékin revoit les ambitions de sa guerre contre les particules fines à la baisse.

À l'instar de la population de New Delhi, les habitant·es des grandes métropoles chinoises devront une fois encore passer l'hiver sous une nappe de brume toxique. Le smog est en grande partie causé par l'émission de particules fines des industries alentour et des foyers qui se chauffent au charbon.

En 2018, après un pic de pollution hivernal, le gouvernement central avait décidé d'imposer à vingt-huit villes, dont la capitale Pékin, des limites de concentration de particules dans l'air. Seulement, mis sous pression par une économie en perte de vitesse, le régime a revu ses restrictions à la baisse, afin de soulager une industrie encore largement dépendante du charbon.

Les villes concernées, pour la plupart situées dans le nord du pays, devront désormais essayer de se tenir à une baisse de 4% de la concentration de particules fines PM2,5 entre les mois d'octobre et de mars, soit un point et demi de moins que l'objectif initial de 5,5% de baisse.

Démenti gouvernemental

Le vice-Premier ministre Han Zheng a toutefois rappelé lors d'une conférence de presse que tous les moyens étaient mis en œuvre pour lutter contre la pollution et qu'il fallait «traiter à la fois les symptômes et les causes profondes». Liu Youbin, un porte-parole du ministère de l'Écologie, a quant à lui assuré que «l'intensité des ambitions environnementales de la Chine reste inchangée».

Ces arguments ne satisfont pas Greenpeace Chine. Pour Li Shuo, l'un de leurs membres interviewé par Bloomberg, les objectifs à atteindre ont probablement été «dilués» en concertation avec le secteur industriel.

Le militant dénonce une décision que «le public chinois pourrait ressentir dans ses poumons cet hiver». Selon Greenpeace, quinze des villes visées pourraient souffrir de taux de particules dans l'air plus élevés qu'il y a deux ans, quand bien même les objectifs seraient remplis.

L'enjeu n'est pas uniquement sanitaire et écologique pour Pékin, mais aussi diplomatique. Avec le retrait désormais officiel des États-Unis de l'accord de Paris, la Chine voudrait incarner le leadership mondial en matière de lutte contre le changement climatique.

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