Vue satellitaire de la vallée de la Dhauliganga, en Inde, après le désastre. | Handout / Satellite image ©2021 Maxar Technologies / AFP
Vue satellitaire de la vallée de la Dhauliganga, en Inde, après le désastre. | Handout / Satellite image ©2021 Maxar Technologies / AFP

La CIA, l'Himalaya, du plutonium perdu et des dizaines de morts

La rumeur court: la nature ne serait pas seule responsable des inondations catastrophiques de février.

Le 7 février 2021, l'Uttarakhand, un État situé dans l'Himalaya du nord indien, était frappé par une catastrophe naturelle de grande ampleur. Dans la vallée de la Dhauliganga, des inondations soudaines et d'une rare violence emportaient tout sur leur passage, villages, routes, barrages et malheureusement populations, avec des dizaines de décès et plus encore de personnes portées disparues.

Pour les scientifiques, la cause est entendue: un bout de glacier s'est détaché dans les hauteurs glacées de l'Himalaya, a bloqué les flux aquatiques habituels mais a fini par se briser sous la pression, relâchant alors vers l'aval un indomptable et ravageur torrent.

Comme le raconte le correspondant local de la BBC, repris par Popular Mechanics, une tout autre rumeur court pourtant dans certains villages des alentours. La nature, le changement climatique et les hausses de température dans la chaîne himalayenne ne seraient pas seuls responsables du désastre.

Selon certaines personnes, c'est la lointaine CIA américaine et une vieille affaire remontant aux années 1960 qui auraient provoqué l'éclatement du glacier tueur.

Remontons quelque peu le cours du temps. Le 16 octobre 1964, la Chine procédait à son premier essai de bombe atomique, lors d'une opération nommée 59-6. Dans la région reculée du Lob Nor, située dans l'ouest du pays, l'empire du Milieu faisait exploser un engin de 22 kilotonnes, soit 50% plus puissant que celui qui avait pulvérisé Hiroshima.

OSS 117 au Tibet

Bien sûr, les États-Unis ne pouvaient pas laisser ces choses se faire dans un secret complet, et ont missionné la CIA pour rassembler des informations sur cette nouvelle venue dans le club des puissances atomiques et sur la nature de ses jouets mortels.

La région «amie» la plus proche du Lob Nor était dans l'Himalaya, en Inde, pays qui avait eu maille à partir avec la Chine quelques années auparavant. Les deux pays ont donc monté une opération commune, consistant à planquer des engins de surveillance dans les hautes montagnes, dont les capteurs fonctionnaient grâce à du plutonium 238.

En 1965, une discrète expédition part donc installer son bidule hautement radioactif sur la Nanda Devi, plus haute montagne située en territoire indien. Pas de chance, des conditions climatiques déplorables et un manque d'oxygène poussent les pauvres bougres à laisser les appareils en plan et à rebrousser chemin, sans pouvoir les installer.

Sans non plus pouvoir les retrouver: de retour l'année suivante, l'équipe ne parvint pas à localiser le matériel. Dans un scénario abracadabrantesque ayant sans doute inspiré quelques scénaristes hollywoodiens, le précieux mais dangereux plutonium fut ainsi perdu à jamais, sans que personne ne sache réellement ce qu'il en était advenu.

Les populations locales n'ont pas oublié cette mésaventure. Beaucoup pensent que le plutonium 238 est toujours là, quelque part, enfoui dans la glace. Continuant à émettre de la chaleur, il aurait été la cause initiale du bris du glacier, donc des inondations qui ont suivi.

C'est néanmoins peu probable, explique Popular Mechanics: près de six décennies après les événements et avec une demi-vie de 87,75 ans, le caillou maudit a perdu une grande partie de sa capacité de nuisance radioactive.

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