Des milliers de vélos Mobike et Ofo entassés à Shanghai, en mars 2017. | Johannes Eisele / AFP

Des milliers de vélos Mobike et Ofo entassés à Shanghai, en mars 2017. | Johannes Eisele / AFP

Comment la Chine gère son océan de vélos usagés

En 2017, des millions de bicyclettes ont été accumulées par des entreprises qui ont ensuite mis la clé sous la porte.

Que sont devenues les immenses piles de vélos qui poussaient comme des champignons dans les villes chinoises? Il y a trois ans environ, des photos ont essaimé sur internet, montrant des monceaux de vélos colorés jetés les uns sur les autres au beau milieu des métropoles.

Cet amoncellement a suivi la soudaine popularité des vélos en libre-service dans le pays. Des dizaines d'entreprises avaient inondé les trottoirs de millions de bicyclettes, à tel point que l'offre avait fini par largement surpasser la demande.

Selon le gouvernement chinois, 20 millions de vélos de ce type étaient ainsi disponibles en 2017. Or, la majorité des entreprises auxquelles ils appartenaient ont mis la clé sous la porte. Ce sont donc les autorités locales qui en sont de leur poche pour se débarrasser des immenses «cimetières à vélo».

Yang Tengfei, un cadre de la China Recycling Co., estime avoir récupéré environ 4 millions de vélos afin d'en récolter le métal et les plastiques encore viables. Il détaille à Bloomberg que sa société dépense aux environs de 10 millions de yuans par mois, soit à peu près 1,25 million d'euros, pour les racheter puis les recycler.

Regain de popularité

Malgré les nombreuses opérations de récupération menées depuis l'effondrement du marché, des bicyclettes sont encore souvent retrouvées au bord des routes et au fond des rivières. D'autant qu'avec les mesures de sécurité mises en place par les autorités, les quelques entreprises qui restent sur le marché doivent régulièrement renouveler leur flotte –donc se débarraser d'encore plus de bicyclettes.

Avec le Covid-19, les Chinois·es, comme le reste du monde préfèrent éviter autant que possible de prendre les transports en commun, et les vélos en libre-service ont quelque peu regagné en popularité. Cette fois en revanche, les entreprises en jeu ont dû promettre qu'elle seraient responsables du «cycle de vie tout entier» de leurs bécanes.

Un engagement qui les pousse à faire preuve de créativité. Mobike s'est par exemple aperçu qu'en réutilisant les composants de ses vélos usagés, elle pouvait créer du mobilier design. Elle s'est aussi servi du caoutchouc des pneus pour construire une piste d'athlétisme.

Maintenant que le marché est tenu par une poignée de sociétés, il faut espérer que la gestion des vélos sera moins chaotique qu'en 2017: près d'une soixantaine de sociétés se partageaient les trottoirs, et ceux-ci paient encore les pots cassés de cette fulgurante ascension.

En ce moment

Le secret de l'iPhone 12, Mario Kart testé par un enfant, ce que vous coûte le télétravail, une journée sur korii.

Et Cætera

Le secret de l'iPhone 12, Mario Kart testé par un enfant, ce que vous coûte le télétravail, une journée sur korii.

Ce qu'il ne fallait pas manquer aujourd'hui.

Apple a caché un important secret dans l'iPhone 12

Tech

Apple a caché un important secret dans l'iPhone 12

Une fonction inédite et capitale est prête, mais pas encore active.

On a fait tester «Mario Kart Live: Home Circuit» à Noé, 5 ans et demi

Tech

On a fait tester «Mario Kart Live: Home Circuit» à Noé, 5 ans et demi

Le jeu de course en réalité augmentée et zinzin de Nintendo semble beaucoup lui plaire –à nous aussi.