Rien ne doit disparaître, aucun 0 ni aucun 1. | Patrick Lindenberg via Unsplash
Rien ne doit disparaître, aucun 0 ni aucun 1. | Patrick Lindenberg via Unsplash

Sauvegarder tout internet, c'est leur passion

Logiciels, archives radios, photos, posts sur les réseaux: ces personnes conservent un tas de données pour la postérité.

Sur internet, rien ne se perd, tout s'archive. Depuis longtemps déjà, des passionné·es compilent les versions numérisées d'enregistrements de tous les concerts live des Red Hot Chili Peppers dans de grandes archives sur le web.

Certain·es conservent toutes les versions des films de Star Wars –dont les rééditions ont parfois modifié des scènes iconiques. D'autres enregistrent tous les médias publiés sur les manifestations de Hong Kong, à destination des personnes qui font de la recherche, mais aussi pour la postérité.

L'emploi de «tout» n'est pas à prendre à la légère. Il ne s'agit pas de faire une sélection du meilleur et de la conserver, mais bien de stocker des centaines et des centaines de térabits de données, dans des disques durs ou des serveurs privés dans le monde entier.

Car cette communauté de «hoarders» a un objectif informel: sauvegarder internet, à la manière de Wayback Machine, qui permet de se balader sur les versions rétros de sites des années 2000, ou de l'internet Archive, une bibliothèque virtuelle qui contient des millions de logiciels, de films, de livres et autres médias en accès libre.

Une communauté active

Beaucoup se rassemblent sur /rDataHoarder, une section du forum Reddit, où les 200.000 membres échangent sur des sujets aussi variés que la manière d'organiser au mieux leurs bibliothèques de données, de dénicher des fanfictions Harry Potter introuvables ou de la meilleure manière de refroidir ses disques durs.

Peter Hanrahan, 19 ans, raconte par exemple à ArsTechnica comment il s'est mis à chasser les enregistrements de Top of the Pops, un show musical britannique qui a a bercé le pays de 1964 à 2006. «Je voulais faire l'expérience de ce que ça aurait été d'écouter ça à l'époque, explique-t-il. J'ai commencé par compiler des trucs que je pensais relativement difficile à trouver, et puis d'autres trucs cool sur lesquels je tombais, comme de vieilles publicités ou des génériques télévisés.»

Ce besoin de préserver des enregistrements et des informations n'a rien de nouveau –les premières traces d'archives remontent à -3500 av. J.-C., peu après l'apparition de l'écriture.

La différence entre la grande bibliothèque d'Alexandrie et aujourd'hui réside simplement dans le fait que la technologie permet de conserver d'énormes quantités de données dans un espace compact, et que cette technologie est accessible dans le monde entier.

Le déclic s'est produit dans les années 1970, lorsque l'apparition des cassettes à réveillé l'archiviste qui sommeillait en chacun de nous. Quelques médias sont toutefois perdus pour toujours. En 1967 et 1978, la BBC a par exemple cru bon d'effacer ses épisodes de Doctor Who. Pourquoi les garder? Cinquante ans de succès planétaire plus tard, la chaîne s'en mord les doigts, et les fans de la série encore plus.

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