Un coursier Deliveroo à Londres, en septembre 2019. | Tolga Amen / AFP

Un coursier Deliveroo à Londres, en septembre 2019. | Tolga Amen / AFP

Les travailleurs uberisés en première ligne face au coronavirus

Livreurs et chauffeurs indépendants sont particulièrement exposés, sans bénéficier de filet de sécurité.

Le coronavirus et les millions d'individus confinés sont une aubaine pour certaines entreprises: afin de limiter au maximum leurs sorties et contacts humains, beaucoup de personnes se tournent notamment vers la livraison à domicile.

En Chine, où des villes entières sont placées en quarantaine, les dépenses en livraison de nourriture ont augmenté de 20% en janvier par rapport à l'année précédente; à Hong Kong, les commandes Deliveroo ont bondi de 65% en un mois.

Les grand perdants de cette frénésie sont les coursiers, qui doivent livrer des dizaines de client·es différent·es et s'exposent à une contamination. Certains services ont mis en place des systèmes de livraison sans contact humain, où la commande est déposée devant le palier, mais le choix de cette option est donnée à la clientèle, pas aux livreurs.

La plupart des entreprises de livraison se bornent à répéter les recommandations de l'OMS: se laver les mains régulièrement, ne pas fumer ou manger entre deux livraisons afin d'éviter le contact entre mains et visage, suivre les conseils d'hygiène généraux et arrêter le travail en cas de symptômes.

Peu de protections réelles

Fin janvier, une enquête de Vice affirmait que «les livreurs n'ont nulle part où aller aux toilettes»: les restaurants refusent de leur ouvrir leurs WC, réservés à la clientèle. Or, sans accès à des toilettes, difficile de trouver de quoi se laver régulièrement les mains.

En France comme aux États-Unis, la loi oblige les entreprises à fournir un nombre de cabinets minimum, fixé en fonction du nombre d'employé·es. Aucune garantie de la sorte n'existe pour celles et ceux travaillant sous le régime de l'auto-entreprenariat.

Ce statut pose aussi problème quant à la possibilité d'arrêter le travail en cas de symptômes. N'étant pas salariées, les personnes concernées ne bénéficient souvent pas de congés maladie ou d'assurance santé. En cas d'infection, s'isoler se traduit directement par la perte de jours de salaire.

Des livreurs ont donc lancé une pétition pour réclamer des congés maladie, et aux États-Unis, un sénateur démocrate a envoyé une lettre aux entreprises de livraison allant dans le même sens.

Sous la pression, Uber a finalement annoncé que ses travailleurs indépendants seront indemnisés jusqu'à quatorze jours en cas d'infection, en prenant pour base leurs revenus des deux semaines précédentes. Lyft a pris des mesures similaires.

Seulement, des symptômes de suffiront pas: il faudra nécessairement avoir été «diagnostiqué porteur du Covid-19 ou mis en quarantaine par une autorité de santé publique» –ce qui n'est pas vraiment conforme aux conseils de l'OMS ou aux politiques mises en place par certains gouvernements pour éviter la propagation du virus.

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