La cuisine française ne se trouverait qu'en cinquième position. | igorovsyannykov via Pixabay
La cuisine française ne se trouverait qu'en cinquième position. | igorovsyannykov via Pixabay

La cuisine française n'est pas celle qui s'exporte le mieux

Dans les restaurants, l'Italie domine encore largement le monde.

Nous qui pensions que nous étions les meilleur·es dans le domaine de la bouffe, qui défendions corps et âme que nos chef·fes étaient les plus doué·es, qui étions persuadé·es que nos plats étaient les mieux assaisonnés, que le monde entier nous enviait nos gâteaux, nos gratins, nos foies gras, nos macarons...

Amère déception: en mettant de côté le chauvinisme gastronomique et en étudiant les chiffres d'une étude réalisée par le National Bureau of Economic Research, il semble que ces prétentions n'ont aucun fondement et que notre cuisine n'est pas celle qui attire le plus dans les pays étrangers.

La cuisine est une influence

Afin de déterminer quelle gastronomie avait la plus forte influence culturelle sur le monde, Joel Waldfogel, auteur de l'étude et économiste à l'Université du Minnesota, a tenté d'analyser l'exportation de la cuisine spécifique à chacun des dix-sept pays étudiés. Son analyse, titrée «Manger au restaurant, un échange culturel», ne se base que sur les repas pris dans des établissements de restauration.

La définition de la cuisine en tant qu'exportation est particulière. Contrairement à la vente de produits manufacturés ou de billets de cinéma, l'argent ne circule pas nécessairement d'un pays à l'autre. Un restaurant français en Chine peut par exemple utiliser des produits entièrement fabriqués en Chine pour cuisiner un bœuf bourguignon.

Il est également difficile de déterminer précisément l'origine réelle d'un restaurant: un établissement à première vue français peut tout à fait proposer des burgers ou des fajitas.

Néanmoins, selon l'auteur, il reste intéressant d'examiner quels sont les aliments et plats les plus appréciés dans les restaurants du monde: ils sont, explique-t-il, une mesure importante de l'influence d'un pays.

La pizza, reine du soft power

Pour chaque pays étudié, le chercheur s'est basé sur le nombre de restaurants répertoriés sur le site TripAdvisor, triés par origine géographique de gastronomie. Précisant que sa méthodologie ne permettait que de donner une estimation, il a couplé ces chiffres à des données d'Euromonitor sur les dépenses en nourriture afin d'établir une estimation monétaire de ces exportations symboliques.

Dans les dix-sept pays pour lesquels il a pu extraire ces ensembles de données, Waldfogel calcule que la cuisine italienne se trouve en première position, devant la cuisine chinoise, japonaise, indienne et enfin française. Il estime que l'Italie exporte vers le reste du monde pour près de 176 milliards de dollars de cuisine (156 milliards d'euros).

Une influence transalpine notamment portée par la célébrité universelle de ses pizzas et de ses pâtes. La cuisine française se retrouve assez loin derrière avec environ 40,4 milliards de dollars de cuisine exportée.

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