Une plantation intérieure illégale de cannabis, découverte à Martorell par la police espagnole, le 6 octobre 2020. | Josep Lago / AFP

Une plantation intérieure illégale de cannabis, découverte à Martorell par la police espagnole, le 6 octobre 2020. | Josep Lago / AFP

La culture du cannabis est une catastrophe environnementale

Une bonne partie s'effectue en intérieur et consomme énormément d'électricité.

Entrepôts anormalement chauds détectés par un hélicoptère équipé d'une caméra infrarouge, factures d'électricité astronomiques du fait des lampes à sodium et des ventilateurs… le «Guide de l'enquêteur sur la culture de cannabis en intérieur», distribué dans les commissariats français, indique que pour repérer les petites plantations illégales de cannabis, il peut être utile de scruter les surconsommation d'énergie.

Car la culture de cannabis en intérieur nécessite énormément de ressources. Or, dans les pays qui ont légalisé la production de la plante, notamment les États-Unis, cette agriculture ultra-énergivore se démocratise.

Bien que les cultivateurs n'aient plus à cacher leurs plants en pleine nature, la culture en intérieur continue de se développer. Elle est peu régulée et fournit plusieurs avantages, principalement une culture tout au long de l'année et une sécurisation plus aisée. De plus, les ex-dealeurs devenus entrepreneurs peuvent continuer d'utiliser des techniques qu'ils maîtrisent déjà.

Une équipe de recherche de l'Université du Colorado a donc tenté de déterminer l'empreinte carbone de cette culture du cannabis en intérieur. Leur étude, publiée dans la revue Nature Sustainability, estime que la production d'un kilo de fleurs de cannabis séchées provoque des émissions comprises entre 2,2 et 5,18 tonnes de CO2, selon le lieu de production.

À chaque État ses inconvénients

L'une des zones les plus consommatrices est le nord des États-Unis, comme l'Alaska ou l'Illinois, car le chauffage nécessaire à la croissance des plantes réclame beaucoup d'énergie.

Le sud n'est pas forcément beaucoup mieux loti: la déshumidification et la climatisation peuvent ajouter 1,5 tonne de CO2 à chaque kilo produit, et il faut apporter constamment de l'air frais aux plantes. Dans un État comme Hawaï, le problème est l'électricité elle-même, qui provient en bonne partie d'énergies fossiles.

La Californie du Sud, sèche, chaude et alimentée en énergies renouvelables, pourrait être l'endroit idéal –mais la culture du cannabis en intérieur y reste bien plus énergivore que l'agriculture classique en extérieur.

Pourquoi, si cela consomme tant, produire dans des lieux inadaptés? Le problème est qu'aux États-Unis, le cannabis est certes autorisé dans certains États mais reste interdit au niveau fédéral. Il est donc souvent impossible de traverser les frontières entre États avec les précieuses fleurs.

Cela empêche de rationaliser la production, en faisant pousser le chanvre dans les États dotés du climat le plus propice avant de le distribuer dans l'ensemble du pays.

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