Un panda. À quelques détails près. | Sam Yeh / AFP
Un panda. À quelques détails près. | Sam Yeh / AFP

Panda contre pangolin: l'autre guerre d'influence entre la Chine et Taïwan

Taipei cherche à reproduire le modèle chinois de la «diplomatie du panda» avec ses pangolins. Pas si simple…

Ces derniers temps, les bruits de bottes se font de plus en plus sonores aux abords de Taïwan. Les Américains sont persuadés que la Chine prépare une «invasion imminente» de son rival et le fait qu'ils réunissent leurs propres troupes dans le but affiché de former l'armée taïwanaise est interprété comme un signe supplémentaire de l'inquiétude de Washington quant à une éventuelle attaque à venir.

Mais, à la mi-novembre, un drôle d'ingrédient est venu se glisser dans cette guerre d'influence: les animaux rares. Depuis longtemps, Pékin pratique «la diplomatie du panda», en faisant payer au prix fort l'emprunt de ses animaux stars à différents pays.

Le zoo de Beauval paye par exemple 800.000 euros par an pour «louer» son couple de pandas à la Chine, sans compter toutes les obligations qu'il doit remplir pour lui fournir une nourriture et un environnement adaptés. Le zoo d'Édimbourg, en Écosse, aligne lui une facture d'un million de dollars par an! Une machine à cash dont Taïwan voudrait bien profiter à son tour.

Sauf que l'île n'a pas vraiment de panda sous la main. Qu'à cela ne tienne: elle fera de la diplomatie avec ses pangolins. Ces mammifères à écailles ne sont certes pas aussi mignons que les petites boules de poils blancs et noirs, mais ils ont aussi leurs adeptes, rapporte le Wall Street Journal.

Le zoo de Prague, en République tchèque, s'apprête ainsi à accueillir deux pangolins en provenance du zoo de Tapei, avec tous les honneurs dûs à leur nouveau rang. «Depuis que le maire de Prague Zdeněk Hřib a vu des pangolins dans un livre d'images quand il était enfant, il estime que ces animaux font partie des plus géniaux de la planète», ironise le Wall Street Journal. «Ils ressemblent à des cônes de conifères vivants», aurait déclaré l'édile.

Faute de panda

En réalité, Prague devait à l'origine recevoir des pandas chinois. Mais, faute d'accord, la capitale tchèque s'est rabattue sur la concurrence, en signant un partenariat avec la mairie de Tapei pour accueillir la star des animaux taïwanais. Au passage, les Tchèques se sont vengés en annulant le jumelage entre Pékin est Prague, un camouflet qui envoie le message clair qu'on ne rigole pas avec ce genre de diplomatie-là.

L'autre avantage du pangolin, c'est que Taïwan n'accompagne pas ses prêts d'exigences aussi élevées que ne le fait la République populaire avec ses petits ours. Là où Pékin impose aux hôtes de leurs animaux de les nourrir avec un bambou spécial, le zoo de Tapei se soucie uniquement que ses pangolins «restent en vie». Et là où la Chine réclame des sommes exorbitantes pour des prêts de dix ans maximum, Taïwan envoie ses pangolins séjourner à l'étranger à titre gratuit.

Mais cette affaire est avant tout symbolique. Le maire de Taipei, Ko Wen-je, un ami de Hřib, souligne que le prêt des pangolins est une expression de sa bonne volonté envers Prague. «Maintenir l'amitié entre deux pays est plus efficace que d'exercer le pouvoir», explique-t-il.

Pékin ne semble pour l'instant pas du tout préoccupée par l'émergence de cette nouvelle concurrence. Il est vrai que, jusqu'à présent, cet animal traîne surtout une réputation de suspect numéro 1 qui aurait transmis le coronavirus à l'être humain: et même s'il a depuis été lavé de tout soupçon, comme mascotte, on a connu mieux.

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