Le PDG de Zoom, Eric Yuan lors de l'introduction en bourse de sa société le 18 avril 2019. | Kena Betancur / AFP
Le PDG de Zoom, Eric Yuan lors de l'introduction en bourse de sa société le 18 avril 2019. | Kena Betancur / AFP

La direction de Zoom a vendu des dizaines de millions de dollars d'actions

Juste avant que les scandales n'éclatent: timing parfait.

Alors que le confinement oblige des millions de personnes à travailler à distance ou à assister à leurs cours sur internet, les logiciels de visioconférence connaissent un pic d'utilisation. La start-up Zoom a su tirer son épingle du jeu. Depuis le début du confinement, son nombre d'utilisateurs et d'utilisatrices a explosé.

Cette popularité a aussi attiré l'attention des expert·es en cybersécurité et des journalistes, qui ont observé de plus près son fonctionnement et ses mesures de sécurité.

Vente d'informations privées à Facebook, cryptage incomplet, piratages constants, risque de voir son adresse e-mail dévoilée... Zoom est une réelle menace pour la vie privée.

Ces révélations successives ont valu à l'entreprise plusieurs procès, une enquête du FBI et une autre de la procureure générale de New York. Après avoir corrigé son service de fond en comble, elle prétend désormais qu'il n'y a plus de risques et qu'il est possible d'utiliser Zoom l'esprit tranquille.

Il semblerait pourtant que la direction de Zoom soit plutôt nerveuse quant à l'avenir de son logiciel. Le Daily Mail a révélé que début 2020, plusieurs cadres haut placé·es ont vendu l'équivalent de dizaines de millions de dollars d'actions de leur propre entreprise.

Une question de timing

Depuis le début de l'année, le PDG milliardaire de Zoom Eric Yuan a vendu plus de 38 millions de dollars [34,8 millions d'euros] de parts de son entreprise. Le directeur financier, le directeur des ventes et la directrice du marketing ont aussi fait des bénéfices de plusieurs millions de dollars, dans certains cas grâce à des dizaines de ventes successives.

Le 27 janvier, une action Zoom s'échangeait 70,44 dollars. Elle a ensuite quasi constamment grimpé avant d'atteindre un pic le 23 mars à 159,56 dollars. Depuis, les scandales l'ont fait plonger et à l'heure de l'écriture de cet article, le 7 avril, l'action est en baisse à 122,94 dollars.

Les ventes se sont essentiellement produites en février et mars, alors que le logiciel gagnait en popularité, et avant que les scandales ne commencent à tomber –hasard ou prescience, c'était pile au bon moment pour un profit maximal.

L'entreprise assure de son côté que ces opérations étaient prévues à l'avance et automatisées. Elle souligne aussi que la plupart des personnes impliquées détiennent toujours des parts importantes et qu'elles restent «très optimistes» sur le futur de l'entreprise.

Optimistes à tort ou à raison, ses cadres auront dans tous les cas bien profité de ces quelques semaines d'euphorie boursière.

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