Dominic Cummings, «special advisor» de Boris Johnson et artisan de l'ombre du Brexit. | Tolga Akmen / AFP
Dominic Cummings, «special advisor» de Boris Johnson et artisan de l'ombre du Brexit. | Tolga Akmen / AFP

Dominic Cummings ou les délirantes ambitions numériques du Brexit

Le conseiller spécial de Boris Johnson souhaite à tout prix subventionner un Google britannique.

Depuis quelques semaines, le Royaume-Uni est entré dans un nouveau bras de fer avec l'Union Européenne, menaçant de remettre un cause l'accord de retrait signé l'an dernier.

Deux dossiers posent particulièrement problème: celui de la pêche et celui des aides d'État. Nombreux en effet sont les partisans du Brexit qui affirment que Bruxelles empêche les Britanniques d'aider leur industrie et de construire des entreprises suffisamment puissantes.

Cette idée est particulièrement prégnante chez Dominic Cummings, le conseiller spécial du Premier ministre et artisan de l'ombre du Brexit, auquel un film a été consacré. Auteur du slogan «Take back control» («Reprenons le contrôle»), ce dernier se serait mis en tête de créer un champion de la tech capable de concurrencer Google et autres GAFAM après la sortie de l'Union européenne.

«Les aides d'État sont essentielles pour façonner les futurs marchés de la technologie», aurait ainsi affirmé au Times une personne proche des négociations et de la politique intérieure.

Selon cette doctrine, le Royaume-Uni en sera réduit à devenir un «vassal» des États-Unis ou de la Chine, qui eux n'hésitent pas à se servir de l'arme des subventions publiques pour hisser leur champions à un niveau mondial.

Patriotisme subventionné

L'obsession de Cummings à construire un Google britannique viendrait notamment du rachat de DeepMind par Google en 2014. Fondée en 2012 à Londres, cette start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle aurait selon lui pu devenir ce fameux champion du numérique à 1.000 milliards de dollars si le gouvernement avait eu les mains libres.

«Les gens autour de Cummings estiment qu'avoir permis à Google d'acheter DeepMind est un désastre historique, et que le gouvernement aurait dû l'acheter ou lui permettre de disposer de suffisamment de capitaux pour fonctionner de manière indépendante», indique un lobbyiste proche du dossier au site Business Insider.

L'idée d'un Google britannique est cependant loin de faire consensus outre-Manche. Cummings aurait élaboré son plan seul dans son coin, sans consulter la moindre start-up ou entreprise de la tech. Et rien n'indique qu'un tel plan aurait une chance de fonctionner.

DeepMind est pour l'instant loin d'avoir prouvé une quelconque rentabilité économique. Google subventionne sa recherche et développement à hauteur de près d'un milliard de dollars sans en tirer le moindre bénéfice.

De plus, s'imposer face à un mastodonte comme Google est loin d'être aussi facile que d'y déverser de l'argent public. Le français Qwant peut en témoigner, lui qui se débat depuis des années pour dépasser les 0,8% de part de marché.

Enfin, on peut se demander si le Royaume-Uni a vraiment intérêt à construire son Google de son côté, ou si une initiative européenne en la matière n'aurait pas été plus pertinente, afin de profiter d'un plus vaste marché intérieur.

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