Un drone Bayraktar à la base militaire de Gecitkale, en Chypre du nord, le 16 décembre 2019. | Birol Bebek / AFP

Un drone Bayraktar à la base militaire de Gecitkale, en Chypre du nord, le 16 décembre 2019. | Birol Bebek / AFP

Les drones turcs font un tabac en Afrique

Les gouvernements africains espèrent avoir trouvé un moyen de stopper les milices islamistes de la région.

Disposer d’une force de frappe aérienne sans avoir à dépenser les sommes colossales nécessaires à acheter et entretenir des avions de chasse, ni à entraîner des pilotes d’élite: c’est la promesse des drones de combats low-cost. Parmi eux, un modèle rencontre un franc succès partout dans le monde: le Bayraktar TB2.

L’arme fabriquée et vendue par Baykar, une société turque dirigée par des proches de Recep Tayyip Erdoğan, est devenu l’outil favori des régimes disposant d’un budget ou d’une armée limitée. Le Bayraktar TB2 a commencé à réellement faire parler de lui en Syrie puis lors de sa large utilisation par l’Azerbaïdjan de l’annexion de la région arménienne du Haut-Karabakh en 2020.

Mais le conflit qui a fait exploser le carnet de commandes du fleuron de l’industrie de l’armement turque est l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Comme l’explique CNN, les nations africaines sont particulièrement intéressées.

La BBC a fait le compte: le Togo a reçu une livraison de drones cet été, le Niger en a acheté une demi-douzaine en mai, l’Ethiopie, le Maroc et la Tunisie se sont tous fournis lors des derniers mois, et l’Angola a manifesté son intérêt. Tous ces pays sont aux prises avec des groupes djihadistes ou insurgés.

Pas de panacée

Ces milices, rapides et très mobiles, sont difficiles à traquer pour des pays qui disposent de grandes étendues sauvages et de peu de moyens de reconnaissance. Les drones offrent un moyen de suivre et d’éventuellement frapper leurs opposants sans avoir à posséder d’armée de l’air trop coûteuse, ou à s’appuyer sur celle d’un tiers. Car via la «diplomatie du drone» turque, les pays de la région s’éloignent en plus en partie du giron militaire de l’État français, ancienne puissance coloniale d’une bonne partie de la région.

Pour autant, les drones ne sont pas la panacée face aux milices. Les États-Unis disposent de drones autrement plus sophistiqués et plus nombreux depuis les années 2000, sans pour autant être parvenus à mettre fin aux activités des groupes qu’ils ont combattu Moyen-Orient. Idem pour la France au Sahel.

Au contraire, l’utilisation de ce type d’armes a beaucoup été critiquée pour son imprécision. Une enquête du New York Times publiée en 2021 estimait que le nombre officiel de 1.300 civils tués par les drones américains était largement sous-évalué, évoquant «des milliers de morts, un grand nombre d’entre eux étant des enfants». Depuis 2022, des dizaines de civils sont morts sous le feu des drones éthiopiens.

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