Manger local, oui, mais pas n'importe comment. | nrd via Unsplash
Manger local, oui, mais pas n'importe comment. | nrd via Unsplash

Manger local est-il si écolo que ça?

C'est loin d'être le facteur le plus important: la consommation de viande a bien davantage d'impact.

C'est un conseil de bon sens que l'on entend très souvent. Pour avoir une alimentation plus écolo, il faut consommer des aliments locaux, produits non loin de chez soi, afin de réduire au maximum les émissions et la dépense d'énergie liées au transport de nourriture sur de longues distances.

Cependant, l'importance du manger local est parfois surestimée, car le transport ne représente en réalité qu'une petite partie de l'énergie consommée dans la production des aliments.

À tel point que selon Hannah Ritchie, une chercheuse d'Oxford et autrice d'un article sur la question paru dans Our world in data, privilégier le local avant tout est l'«un des conseils les plus mal avisés que l'on puisse donner».

D'après une étude qui a comparé les données de 38.000 fermes dans 119 pays, le transport de nourriture représente en général moins de 10% de l'empreinte carbone de la nourriture. Et ce taux peut beaucoup diminuer.

Autrement dit, le type d'aliments que l'on consomme importe beaucoup plus que l'endroit d'où ils viennent: pour du bœuf par exemple, la part de l'empreinte carbone liée au transport ne représente que 0,5% du total des émissions.

De faux amis

Les produits d'origine animale émettent entre 10 et 50 fois plus de gaz à effet de serre que ceux d'origine végétale –la provenance ne pèse donc pas lourd dans la balance. Qu'importe ce qui la remplace, manger moins de viande est presque toujours mieux que manger de la viande locale.

Une étude publiée en 2008 concluait déjà que le simple fait de remplacer l'équivalent d'une journée de calories provenant de la viande rouge ou des produits laitiers par celles issues du poulet, des œufs, des fruits ou des légumes, quelle que soit leur provenance, était plus efficace en matière de réduction de l'impact environnemental que des achats strictement locaux.

À privilégier quoiqu'il en soit, les circuits courts n'ont d'impact que s'ils sont accompagnés d'autres principes, comme ne pas manger de légumes hors saison, par exemple. En 2009, une étude avait en effet constaté que faire pousser une salade en plein hiver en Grande-Bretagne consomme autant qu'en importer d'Espagne dans des camions réfrigérés.

En somme, une bonne résolution unique n'a que peu d'effets. Nous aurons beau acheter local, si l'agriculture intensive perdure, que l'on consomme des produits hors saison et de grandes quantités de viande, rien ne changera réellement.

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