Le monde (si les milliardaires payaient leurs impôts). | Victor via Unsplash

Le monde (si les milliardaires payaient leurs impôts). | Victor via Unsplash

Construire une cité capitaliste utopique, le rêve « banal » du milliardaire Marc Lore

Le richissime Américain souhaite faire sortir une ville futuriste du désert du Nevada.

En 2021, villas de luxe, clubs de sport, îles privées et yachts géants ne semblent plus suffire aux milliardaires. Jeff Bezos et Richard Branson vont s'amuser dans l'espace, d'autres construisent des villes d'un nouveau genre, à partir de zéro.

C'est le cas de Marc Lore, le fondateur de deux start-ups de e-commerce respectivement vendues à Amazon et Walmart pour 466,5 millions et 2,80 milliards d'euros. Il ambitionne de créer une ville futuriste de toutes pièces, en se basant sur un manifeste écrit en 1879.

Le milliardaire souhaite acheter une parcelle de 200 km2 (soit deux fois la taille de Paris) dans le désert du Nevada, afin de fonder son utopie, baptisée Telosa. Des dizaines de personnes ont été embauchées pour concevoir le projet, dont Bjarke Ingels, un célèbre architecte danois.

Pour organiser Telosa, Lore se base sur le manifeste Progrès et Pauvreté, de l'économiste Henry George. Ce livre théorise que la valeur d'un terrain n'est pas déterminée par ce qui est construit dessus mais par son emplacement, et formule l'idée de n'avoir donc qu'un seul impôt, basé sur le sol, afin de confisquer la rente foncière des propriétaires terriens et d'effacer les inégalités.

Seulement, Lore ne souhaite pas confier le réinvestissement de cette taxe au gouvernement, mais à un trust, qui se chargerait de financer les services sociaux. Comme il le résume à Bloomberg Businessweek: «Laissez la terre appartenir au peuple! Mais de manière capitaliste.»

Utopies à la pelle

Comme l'explique à Bloomberg Sarah Moser, une professeure de géographie à l'université de Montréal, faire sortir de terre une cité utopique est loin d'être un projet original. Cités flottantes libertariennes, ville futuriste dans le désert saoudien, smart-city made in Google, même l'ex-gloire du R'n'B Akon a un projet de ville à son nom au Sénégal.

La géographe étudie plus de 150 projets de villes entièrement nouvelles prévues dans le monde entier, par des gouvernements ou des groupes privés, surtout venus du monde de la tech. «C'est alléchant de dire “je vais tout recommencer” plutôt que de payer ses impôts. Ils se présentent comme des lueurs d'espoir pour l'humanité.»

Seulement, la plupart de ces projets se heurtent à un constat formulé avec amertume par Ben Huh, un entrepreneur chargé de bâtir une ville pour Y Combinator, un prestigieux accélérateur de start-ups: «Personne ne meurt d'envie d'aller démarrer une ville nouvelle. Ce que les gens veulent, c'est améliorer la ville dans laquelle ils vivent déjà.» D'ailleurs, pas une seule des villes étudiées par Sarah Moser n'a atteint ses objectifs de population.

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