Pour la baignade, c'est râpé. | Matheo JBT via Unsplash
Pour la baignade, c'est râpé. | Matheo JBT via Unsplash

Un micro-État sans accès à la mer veut se lancer dans l'industrie maritime

Ni océan, ni taxes.

Parmi les pays enregistrant le plus grand nombre de navires dans leur registre, figurent le Panama (9.596 bateaux), le Liberia (4.295 bateaux), les îles Marshall (4.313), Singapour ou encore Malte et la Grèce. Ces pays sont logiquement tournés vers l'économie de la mer du fait de leur situation géographique.

Un micro-État de 61 kilomètres carrés enclavé dans le centre de l'Italie veut pourtant se lancer lui aussi dans le transport maritime et va inaugurer un registre permettant aux propriétaires d'immatriculer leurs navires sous sa nationalité. «Avec Tuvalu et Nauru, Saint-Marin va ainsi devenir le plus petit État à disposer d'un registre maritime», rapporte le site Maritime Executive.

«En choisissant le drapeau de Saint-Marin, vous bénéficierez d'un temps d'enregistrement record en moins de quarante-huit heures, d'un régime tarifaire et fiscal attrayant et d'aucune restriction de nationalité», vante Gianluca Tucci, le directeur général du nouveau registre des navires de Saint-Marin (SMSR).

Le micro-État espère attirer les propriétaires de yachts, mais compte également séduire les armateurs commerciaux et «devenir un acteur clé de l'industrie maritime», selon Marco Conti, directeur général de l'Autorité de l'aviation civile et de la navigation maritime de Saint-Marin.

Complaisance

Cette surprenante annonce a de quoi alimenter les soupçons de pavillon de complaisance, c'est-à-dire lorsque des navires adoptent une nationalité autre que celle de leur pays d'origine afin de déroger aux règlementations sociales et fiscales.

L'ITF (Fédération internationale des ouvriers du transport) estime ainsi qu'un «lien substantiel» doit exister entre le propriétaire réel du navire et le pavillon arboré par le navire.

Cela ne semble pas être le cas de Saint-Marin, puisque le pays se dit prêt à accepter un bateau de n'importe quelle nationalité. La Mongolie, qui ne dispose elle aussi d'aucun accès à la mer, a réussi à faire inscrire plus de 3.000 navires sous son pavillon, grâce à des frais réduits et un processus d'immatriculation simplifié.

Mais d'autres pays misent expressément sur le fait de fermer les yeux sur les pratiques des armateurs. Selon la «liste noire» des pays les moins regardants en matière de contrôle figurent l'Albanie, le Cameroun, le Togo, les Comores ou encore la Moldavie.

Saint-Marin promet quant à lui «de se conformer aux normes les plus élevées en matière de sécurité de la navigation» et de favoriser «la protection de l'environnement et l'innovation pour une plus grande durabilité de l'industrie maritime».

Le registre sera ouvert à l'occasion du festival de yachting de Cannes en septembre. Reste à savoir où accosteront les bateaux arborant le drapeau bleu et blanc.

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