Ses mots ont une portée importante –ils sont malheureusement parfois très trompeurs. | Brendan Smialowski / AFP
Ses mots ont une portée importante –ils sont malheureusement parfois très trompeurs. | Brendan Smialowski / AFP

Faut-il interdire Twitter à Elon Musk pendant la pandémie?

Le patron de Tesla et SpaceX est, avec Donald Trump, l'une des plus grosses sources de sornettes sur les réseaux.

Depuis le début de la pandémie, Elon Musk a décidé que ses opinions sur le coronavirus méritaient d'être entendues, oubliant l'adage selon lequel «les avis sont comme les trous du c*l, tout le monde en a un». Pire, il a oublié de se renseigner avant de s'exprimer. Et au vu de son audience importante sur Twitter, près de 33 millions de personnes, ce n'est guère rassurant.

Le 23 mars, répondant à une internaute qui lui demandait de fournir des masques N95 (l'équivalent américain des FFP2 français) pour les hôpitaux en Louisiane, il a déclaré: «Nous essaierons d'obtenir et d'en livrer le plus grand nombre possible. Les masques N95 sont difficiles à porter. Les masques moins onéreux sont meilleurs la plupart du temps.»

Or, comme l'a expliqué Business Insider, les «masques moins onéreux», c'est-à-dire les masques chirurgicaux, ne protègent quasiment pas les soignant·es. Porter un masque chirurgical évite de contaminer les autres, mais n'empêche pas ou peu de tomber malade. L'affirmation d'Elon Musk est donc erronée.

L'entrepreneur n'en est pas à sa première boulette. Il a longtemps minimisé l'ampleur de la pandémie, tweetant par exemple le 6 mars que «la panique autour du coronavirus est stupide». La phrase a été retweetée près de 350.000 fois.

L'art d'avoir toujours raison

Le 19 mars, Elon Musk a écrit sur Twitter que les enfants étaient «essentiellement immunisés» contre le coronavirus. Une affirmation discutable, car si le coronavirus tue principalement des personnes plus âgées, aucun groupe démographique n'est «immunisé» contre le Covid-19.

Il y a pire: Musk a rechigné à fermer son usine Tesla à Fremont (Californie) pour mettre en sécurité ses salarié·es. Il s'est contenté d'envoyer un mail pour dire aux personnes qui se sentaient malades qu'elles n'étaient pas obligées de venir travailler. Finalement, c'est la police qui a dû fermer l'usine.

«Une grande partie [...] de la fanbase d’Elon Musk le considère comme une autorité sur tout ce qui est scientifique. Par conséquent, ses paroles ont un impact. Son approche mal avisée de la pandémie de coronavirus risque de mettre en danger les personnes qui font confiance à son expertise, sans parler du reste d'entre nous», critique Futurism.

L'entrepreneur a toutefois proposé d'aider à lutter contre la pandémie en fabriquant des respirateurs artificiels. Mais ces annonces ont été accueillies avec scepticisme par les entreprises spécialisées.

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