Des trottinettes Bird dans un centre de maintenance à Marseille, en novembre 2019. | Gerard Julien / AFP

Des trottinettes Bird dans un centre de maintenance à Marseille, en novembre 2019. | Gerard Julien / AFP

Chez Bird, une visioconférence de 2 minutes et 400 personnes à la porte

Avec l'épidémie, les start-ups de trottinettes en libre-service ont dû suspendre leurs activités. Et il y a de la casse.

Après une année 2019 très mouvementée, il aura fallu une pandémie mondiale pour mettre un coup d'arrêt à l'expansion sans fin des flottes de vélos et de trottinettes en libre-service.

Non seulement la plupart des gens ne sortent plus de chez eux, mais la dernière chose qu'ils souhaitent faire est de toucher une trottinette ayant pu être utilisée par n'importe qui, et en particulier une personne porteuse du coronavirus.

Bird, Jump, Lime et consorts ont été contraintes de suspendre leurs services à travers le monde. Or, ces start-ups ne peuvent soutenir leur rythme qu'en menant une politique agressive de déploiement exponentiel.

Le site dot.LA rapporte que Bird –la licorne la plus rapide de l'histoirea renvoyé 406 personnes, soit entre 30% et 40% de ses effectifs, lors d'une visioconférence de deux minutes sur Zoom.

L'art et la manière

Tout a commencé avec une invitation pour une réunion vidéo appelée «Covid-19 Update». Étant donné que les employé·es de l'entreprise n'avaient pas eu de nouvelles depuis la désertion de leurs bureaux, le personnel s'attendait à un briefing de routine.

Mais les salarié·es se sont vite rendu compte que la liste des participant·es était masquée, et que tout le monde ne semblait pas avoir été convié. La session était en outre paramétrée pour n'être qu'une retransmission vidéo classique, alors que chacun·e peut habituellement intervenir.

Après cinq minutes de silence, des employé·es de Bird racontent que le message «Covid-19» s'est affiché sur leur écran, puis qu'une voix de femme hors-champ a expliqué que le coronavirus avait forcé la direction à prendre des décisions difficiles. Parmi elles, «éliminer un certain nombre de rôles au sein de l'entreprise. Hélas, vos rôles sont touchés».

Selon les témoignages recueillis par dot.LA, la voix féminine a réprimé des larmes à plusieurs reprises. «On aurait dit un épisode de Black Mirror, confie Jenny Alvauaje, une salariée licenciée. Une voix d'outre-tombe arrive et nous dit qu'on a perdu notre travail.»

Cette voix n'était pas familière, pas celle d'une membre de la direction, affirme le personnel. Travis VanderZanden, le PDG de Bird, a assuré sur Twitter que le message était bien live et non pré-enregistré.

Bird n'est pas la seule à licencier, même si la casse est pour l'instant moins importante ailleurs. Lime réfléchirait à renvoyer entre 50 et 70 personnes, et les vélos en libre-service Wheels ont déjà congédié 6% de leur personnel.

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