Sous la pression de la société civile (ici les activistes Amina Sboui et Ahmed Ben Amor), la Tunisie commence à s'ouvrir –en tout cas l'un de ses lieux de travail. | Fethi Belaid / AFP
Sous la pression de la société civile (ici les activistes Amina Sboui et Ahmed Ben Amor), la Tunisie commence à s'ouvrir –en tout cas l'un de ses lieux de travail. | Fethi Belaid / AFP

L'entreprise Vermeg, terre d'accueil pour les LGBTQ+ en Tunisie

Dans un pays où l’homosexualité et les transidentités sont pénalisées, cet engagement détonne.

En obtenant le label Best Places to Work for LGBTQ Equality de la Human Right Campaign Fundation (HRC), l'entreprise tech Vermeg, fleuron de l'économie tunisienne, a marqué l'histoire. Elle est, en effet, devenue la première entreprise du monde arabe et musulman à afficher sa volonté et ses efforts pour être un lieu de travail sûr pour les personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et plus).

«Si j'avais 25 ans et que j'étais dans la tech, qu'aurais-je voulu obtenir, personnellement et dans ma vie professionnelle?», a demandé le fondateur et président exécutif de la société, Badreddine Ouali, lors d'une émission du média tunisien THD, spécialiste des technologies. «Personnellement, j'aurais voulu travailler exactement comme mon collègue qui est chez Google, chez IBM, chez Atos. Quel que soit le pays, le travail et les conditions de travail devraient être les mêmes.»

Pour obtenir ce label décerné par la Human Rights Campaign Foundation à plus de 500 entreprises américaines, l'entreprise tunisienne de logiciels financiers a repensé sa politique de ressources humaines. «Nous avons changé toutes nos procédures pour gagner ce label international auquel ont adhéré Google et Apple, a expliqué Badreddine Ouali à THD. On a eu 100% de score à l'entrée. Chez Vermeg, une personne qui veut changer de sexe, c'est l'assurance que la société lui paye cette chirurgie. On a changé l'accord avec notre compagnie d'assurance, tunisienne bien sûr, pour prendre en charge certaines choses.» Jusqu'à présent, aucun·e employé·e n'a demandé à transitionner. Cela peut se comprendre.

Une entreprise à la pointe?

En Tunisie, l'homosexualité est passible d'emprisonnement et les personnes trans n'ont pas le droit de changer de genre. Il va sans dire que, dans ce contexte, la discrimination liée à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre à l'embauche est légale.

Malgré les risques d'incarcération et d'agression, de plus en plus de Tunisien·nes se battent pour défendre leur droit de vivre librement et pour obtenir la dépénalisation de l'homosexualité. C'est le cas des membres des associations Shams et Mawjoudin. Un avocat gay, Mounir Baatour, a même osé se présenter aux élections présidentielles qui ont eu lieu en septembre –il était cependant très contesté au sein même de la communauté LGBTQ+.

Dans les bureaux de Vermeg, les Tunisien·nes semblent soutenir cet engagement pour les personnes LGBTQ+. «Les gens les plus fiers de [cet engagement LGBT-friendly] étaient les plus conservateurs, a ajouté Badreddine Ouali au micro de THD. Ils ont posté l'obtention par l'entreprise de ce label sur leur propre page afin d'afficher publiquement ce sentiment de fierté.»

Pendant ce temps, en France, aucune organisation ne délivre de label certifiant la qualité de vie des personnes LGBTQ+ en entreprise. Les firmes ont cependant la possibilité de signer la charte d'engagement (non contraigante) de l'Autre Cercle.

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