Pour se sauver, il va falloir innover. | Sam Jotham Sutharson via Unsplash
Pour se sauver, il va falloir innover. | Sam Jotham Sutharson via Unsplash

Pour sauver le climat, il faut capturer et séquestrer 10 gigatonnes de CO2 par an

Selon certains, ce n'est plus une option.

Chercheur au MIT, sous-secrétaire à l'Énergie chargé de l'environnement sous Clinton puis secrétaire à l'Énergie en 2013 dans l'administration Obama, Ernest Moniz connaît quelque peu le sujet du changement climatique et des émissions de dioxyde de carbone.

Selon lui, l'objectif minimal d'un réchauffement climatique de moins de 2 degrés n'est plus atteignable par l'humanité si elle se contente, même au pas de course, de réduire ses émissions de CO2 et de multiplier des sources énergétiques alternatives.

À la tête de l'ONG Energy Futures Initiative, Moniz est donc un fervent supporter des negative emission technologies («technologies d'émission négative»), ou NETs, des techniques visant à capturer le carbone dans l'atmosphère pour le stocker sous terre. Elles ne sont, selon lui, plus une option.

Émissions négatives et impératives

Energy Future Initiative a rendu public le 24 septembre le plan d'action et d'investissements, sobrement titré «Nettoyer l'air», qu'elle envisage pour inverser les tendances.

Ce long document, résumé par Quartz, repose sur des recherches de l'Académie nationale des sciences américaine selon lesquelles il serait nécessaire, pour éviter la catastrophe, de capturer dans l'atmosphère 10 gigatonnes de CO2 par an d'ici à 2050, puis le double d'ici à la fin du siècle.

The Hill note que, si ces 10 milliards de tonnes de dioxyde de carbone étaient stockées sous terre à l'état fluide, dit supercritique, elles représenteraient le double de la production annuelle globale de pétrole.

Les techniques envisagées sont diverses. Il est question de reforestation massive, d'accroissement de la quantité de phytoplancton dans les océans, de plantes génétiquement modifiées et programmées pour la capture et le stockage profond du CO2, d'une «minéralisation améliorée» ou de la succion directe et technologique du carbone dans l'atmopshère.

Ces technologies ne sont encore pour la plupart qu'embryonnaires et nécessitent des investissements massifs pour monter en puissance et baisser en coût.

Le plan présenté par Ernest Moniz prévoit un plan décennal d'investissement de 10,7 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) de la part du gouvernement américain, qui impliquerait plus d'une douzaine d'agences fédérales.

Cette somme semble raisonnable, notamment en regard des investissements nécessaires pour réaliser la transition vers une économie décarbonée –le Green New Deal du candidat Bernie Sanders a été chiffré à 16.300 milliards de dollars.

Elle pourrait faire consensus chez les Démocrates comme chez les Républicains qui, au Congrès, sont pourtant encore 150 à ne ne voir que des billevesées dans le changement climatique.

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