Vue de Ras el Khaïmah, en juin 2010. | Marwan Naamani / AFP

Vue de Ras el Khaïmah, en juin 2010. | Marwan Naamani / AFP

Têtes couronnées, hacking et espionnage: du rififi aux Émirats

Un procès à Londres expose la guerre que se livrent deux demi-frères d'une famille royale.

Tout commence avec une banale affaire de rupture de contrat dans le cadre de l'achat d'un hôtel à Tbilisi, la capitale de la Georgie. L'autorité financière de Ras el Khaïmah (RAKIA), l'un des sept émirats des Émirats arabes unis, poursuit en justice Farhad Azima, un homme d'affaires et marchand d'armes américano-iranien, proche des États-Unis.

En retour, Azima a à son tour intenté un procès à RAKIA, déclarant que l'institution avait hacké ses e-mails. Mais ce procès, qui se déroule à Londres, a aussi mis à jour l'imbroglio royal des relations conflictuelles à la tête de Ras el Khaïmah.

Une société mise en cause dans le hacking par la défense d'Azima, Page Group Ltd, serait en parallèle impliquée dans une vaste campagne d'espionnage pour le compte du cheikh Saoud ben Saqr Al Qassimi, l'émir de Ras el Khaïmah.

Stuart Page, le dirigeant de cette entreprise, est un ancien policier antiterroriste londonien reconverti en consultant en sécurité aux Émirats. Il affirme être entré au service du cheikh Saoud en 2008.

Embrouillamini

Dans sa déposition, Page a expliqué avoir monté, entre autres barbouzeries pour le compte de l'émirat, une «très large opération de surveillance» envers le cheikh Khalid ben Saqr Al Qassimi. Ce dernier est un membre de la famille royale qui a été écarté en 2003, notamment pour ses positions anti-iraniennes, afin d'être remplacé en tant que prince héritier par son demi-frère: le cheikh Saoud.

L'opération consistait à suivre le cheikh Khalid dans ses déplacements et à enquêter sur ses potentielles manœuvres de déstabilisation du pouvoir de son demi-frère.

En 2015, Page, qui était payé plus d'un million d'euros par an pour ses services, assure avoir appris, via une entreprise spécialisée dans «l'obtention d'informations confidentielles» fondée par d'ex-membres du Mossad et de l'armée israélienne, que Farhad Azima finançait une équipe américaine destinée à dénigrer le cheikh Saoud. Notamment en propageant des accusations de violations des droits humains commises par l'émirat.

D'après la défense d'Azima, c'est dans ce cadre que les e-mails de l'homme d'affaires ont été hackés par cette même firme israélienne. Page nie, mais des messages privés compromettants se sont bel et bien retrouvés en ligne en 2016.

RAKIA a ensuite engagé Digitalis, une entreprise anglaise de e-réputation, afin de mener une campagne offensive contre Azima. Ce dernier affirme que ses mails leakés ont été mis en avant par cette campagne. Le juge londonien rendra ses conclusions en mars –bon courage à lui pour démêler cet embrouillamini.

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