Le «Liberator», un pistolet à un coup fabriqué grâce à une imprimante 3D. | Kelly West / AFP

Le «Liberator», un pistolet à un coup fabriqué grâce à une imprimante 3D. | Kelly West / AFP

Des plans d'impression 3D d'armes à feu remis en vente sur internet

Même Donald Trump s'était inquiété du partage en ligne de ce type de fichiers.

C'est un nouveau rebondissement dans une affaire qui divise les adeptes d'armes à feu depuis sept ans: le site américain Defcad a recommencé à distribuer en ligne des plans de pistolets ou de revolvers pour imprimante 3D.

Son fondateur, Cody Wilson, surnomme sa plateforme «le Netflix des armes 3D»: n'importe quel·le Américain·e peut avoir accès à tous les plans partagés sur Defcad pour 50 dollars [46 euros] par an. Quelque 5.800 fichiers sont pour le moment disponibles, la majorité servant à fabriquer diverses pièces d'armes.

Sulfureux personnage

Wilson n'en est pas à son coup d'essai. Tout a commencé en 2013, lorsqu'il a posté sur internet les plans du «Liberator», une arme à un coup presque entièrement en plastique et sans numéro de série, la rendant difficile à tracer et à détecter.

La loi fédérale autorise la construction de ses propres armes, mais pas leur exportation hors des États-Unis. Comme les plans pouvaient être téléchargés depuis l'étranger, leur distribution par Defense Distributed, l'organisation de Wilson, a été interdite.

L'activiste s'était alors engagé dans une longue bataille judiciaire contre le gouvernement américain, qu'il a fini par gagner en 2018.

À l'époque, même Donald Trump s'en était inquiété et avait affirmé avoir évoqué le sujet avec la National Rifle Association (NRA), qui se targue d'être une association de défense du deuxième amendement mais est avant tout un lobby industriel. Pour elle, des armes en open source ne sont pas vraiment une bonne nouvelle commerciale et financière.

Partie émergée de l'iceberg

Depuis, Cody Wilson a fondé Hatreon (contraction de «hate» et de Patreon), un site de crowdfunding dédié à l'alt-right, et a été condamné en septembre 2019 pour agression sexuelle sur mineure.

Cette fois, il l'assure, son opération se tient en toute légalité: avant de pouvoir s'inscrire sur Defcad, il est désormais nécessaire d'avoir été identifié·e en tant que résident·e aux États-Unis. Wilson affirme utiliser des détecteurs de proxy ou de VPN et géolocaliser les adresses IP pour s'en assurer.

Seulement, toute protection de ce type est assez aisément contournable et une fois les plans achetés, rien n'empêche de les partager aux quatre coins d'internet.

Quelle que soit l'issue de cette nouvelle tentative, Cody Wilson n'est que la partie émergée de l'iceberg. Des plans d'armes à feu DIY s'échangent déjà sous le manteau via les sites de torrents, les réseaux sociaux ou les forums.

Toutefois, si Defcad rencontre un certain succès, son fondateur sera en mesure de s'impliquer à plein temps dans la conception et la diffusion de nouveaux plans, ce qui ne risque pas d'améliorer la situation.

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