L'interdiction des rassemblements ajoute de la douleur à la douleur aux enterrements. | adrianna geo via Unsplash
L'interdiction des rassemblements ajoute de la douleur à la douleur aux enterrements. | adrianna geo via Unsplash

À cause du coronavirus, des enterrements à distance et sans rassemblement

Le Covid-19 a forcé les autorités américaines à imaginer des obsèques 2.0.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), qui forment le plus grand organisme de santé publique aux États-Unis, ont émis de nouvelles directives mi-mars concernant le déroulement des funérailles. Désormais, le nombre de personnes pouvant être présentes à des obsèques est limité à cinquante, et ce pour les huit semaines à venir.

En Italie, où la participation à un enterrement est actuellement interdite, nombre de gens ne pouvant se résoudre à se priver des derniers adieux à leur défunt·e n'hésitent pas à braver l'interdiction, s'exposant à une amende de plusieurs centaines d'euros.

Les risques de contamination sont importants en ces occasions puisqu'il est particulièrement difficile de maintenir une distance sociale et de renoncer à tout contact physique entre proches éploré·es. En Espagne, soixante nouveaux cas de Covid-19 ont ainsi été imputés à un seul et unique enterrement.

Silence, on tourne!

Pour éviter ce problème, David Berendes, épidémiologiste aux CDC, recommande aux pompes funèbres de mettre en place des captations vidéo de la cérémonie, afin que la famille et les proches puissent la regarder en direct mais sans présence physique.

Dans l'Utah, les pompes funères Jenkins-Soffe n'ont pas attendu l'épidémie de Coronavirus pour proposer ce service à leur clientèle. Originairement pensées pour aider les missionnaires mormon·es de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont le siège social se trouve dans l'État, la captation vidéo et sa diffusion sur le web sont facturées environ 300 dollars [270 euros].

Avant l'épidémie, un enterrement sur cinquante se déroulait déjà de cette manière et de nombreux soldats déployés en Irak optaient pour cette formule. Le chiffre devrait très probablement augmenter dans les semaines à venir.

Situations pénibles en France

Dans l'Hexagone, précisant le 17 mars les conditions du confinement, le Premier ministre Édouard Philippe a répondu qu'assister à un enterrement serait impossible jusqu'à nouvel ordre –peut-être des solutions technologiques devront-elles être imaginées ici aussi.

Avant cette annonce, les tensions étaient parfois déjà vives. Dans le Grand Est, région durement touchée par le virus, des voix se sont élevées contre des pratiques mises en place dans les Ehpad. L'Est républicain rapporte ainsi qu'à Thise, le cercueil d'un défunt qui présentait des symptômes a été scellé avant l'arrivée des proches.

À Vesoul le 13 mars, une famille confinée ne savait toujours pas quand elle pourrait organiser les obsèques d'un parent décédé du coronavirus deux jours plus tôt.

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