Le web, un terrain de chasse idéal pour les gourous 2.0. | Hanny Naibaho via Unsplash
Le web, un terrain de chasse idéal pour les gourous 2.0. | Hanny Naibaho via Unsplash

La DayLife Army, l'étrange secte née sur les réseaux sociaux

Leaders illuminé·es, formations dispendieuses et contrôle des esprits: de nouveaux cultes recrutent sur internet.

L'histoire de Matthew, l'un des premiers membres de la secte DayLife Army, est racontée dans une longue enquête de OneZero, qui explore à travers de nombreux témoignages les mécanismes de manipulation, d'abus et de contrôle de l'organisation sur ses fidèles.

Poussées à abandonner tout ce qu'elles possèdent, les (souvent jeunes) recrues de la DayLife Army finissent par vivre dans les rues ou aux côtés des gourous, sans un sou.

Les adeptes doivent participer à des sessions de pseudo-analyse souvent centrées autour de leur sexualité –un pilier important de l'idéologie de la secte– et tentent de recruter autant de personnes que possible sur les réseaux sociaux ou des applications comme Tinder ou Grindr.

Comme dans la plupart des mouvements sectaires, les membres vivent sous le joug de règles très précises et sont puni·es en cas de manquement; leur journée est principalement consacrée à nettoyer les locaux et à tenter de lever des fonds.

Les leaders charismatiques de la DayLife Army affirment détenir une autorité surnaturelle. La rencontre de Matthew avec Wiz-EL et KoA, le couple derrière l'organisation, a lieu sur Twitter en 2013. Après avoir été invité chez eux, le jeune homme est séduit par leur charisme.

Matthew rejoint quelque temps plus tard le duo sur un premier groupe Facebook baptisé Tumple, qui se se décrivait comme une «secte» et communiquait en «Unglish» (un langage dérivé de l'anglais, où les voyelles sont remplacées par des u ou des y).

Mèmes, ironie et confrontation

«Le groupe a défini un style de vie qui donne la priorité au plaisir, à l'éducation antiraciste, à la vie sobre et à une série de pratiques sexuelles mystiques», décrivent les journalistes Emilie Friedlander et Joy Crane.

Les membres de Tumple pouvaient se former grâce à un cours appelé «Pearl Divun», qui leur coûtait 2.000 dollars par mois; pour 1.000 dollars mensuels, les adhérent·es pouvaient rejoindre un programme plus limité.

En 2016, Tumple devient la DayLife Army, et KoA annonce sur Facebook qu'elle est en fait Generalissimo KoA, une forme de lumière céleste au service d'une race alien pour mener «une offensive de plaisir» sur Terre.

Deux ans plus tard, Matthew parvient à quitter la secte. Il a récemment créé un compte Instagram pour tenter de sensibiliser les personnes prises dans l'engrenage.

L'idéologie de la DayLife Army a beau être unique, l'organisation partage de nombreux points communs avec les groupes conspirationnistes et les communautés extrêmes de l'alt-right, qui ont tendance à utiliser la même stratégie faite de mèmes, d'ironie et de «nous contre le reste du monde».

D'ailleurs, bien qu'il permette théoriquement aux individus de mieux se renseigner sur ces groupes, internet «est devenu une foire d'empoigne pour tous ceux qui veulent recruter pour leur groupe, leur idée, leur idéal, leur conspiration ou leur paranoïa», remarque Rachel Bernstein, une thérapeute spécialiste des sectes. La professionnelle prévient qu'il existe des centaines de groupes similaires à la DayLife Army sur le web.

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