Le test pour déceler le coronavirus SARS-CoV-2 ici dans un laboratoire de Stuttgart (Allemagne), le mars 2020. | Thomas Kienzle / AFP
Le test pour déceler le coronavirus SARS-CoV-2 ici dans un laboratoire de Stuttgart (Allemagne), le mars 2020. | Thomas Kienzle / AFP

Pour le dépistage du coronavirus, un Américain a payé 3.270 dollars

Le système de santé des États-Unis accroît la vulnérabilité du pays à l'épidémie.

À son retour de Chine en janvier, le Floridien Osmel Martinez Azcue s'inquiète de ses symptômes grippaux. Redoutant une possible contamination par le coronavirus, il se rend au Jackson Memorial Hospital de Miami.

Après les tests, Osmel est finalement déclaré négatif –il s'agissait d'une banale grippe. Mais deux semaines plus tard, il reçoit une facture de 3.270 dollars (près de 2.943 euros) pour le dépistage. D'autres pourraient suivre.

Selon l'hôpital, il ne devra payer que 1.400 dollars de sa poche, le reste étant pris en charge par son assurance. Mais pour cela, Osmel devra produire trois ans de dossiers médicaux pour vérifier que sa grippe n'est pas issue d'un «trouble médical préexistant».

En 2018, l'administration Trump a mis fin à un certain nombre de règles de l'Affordable Care Act, mis en place par Obama en 2010, sur les assurances-santé. Cette dérégulation a permis la mise en place de contrats d'assurance «low-cost» (junk plans).

Selon le Miami Herald, les personnes qui recourent à ces contrats pensent être mieux couvertes que sans assurance du tout. Mais en réalité, la différence est minime, comme l'a appris à ses dépends M. Azcue.

Un problème de santé publique

«Lorsqu'une personne présente des symptômes grippaux, il faut qu'elle puisse demander des soins médicaux», déclare Sabrina Corlette, professeure à l'université de Georgetown et codirectrice du Center on Health Insurance Reforms.

«S'ils ont un de ces contrats d'assurance-santé médiocres et savent qu'ils risquent de se retrouver dans le rouge à cause de ces soins, beaucoup d'entre eux ne les demanderont tout simplement pas. C'est un problème de santé publique», poursuit-elle.

M. Azcue, qui gagne 55.000 dollars par an en travaillant pour un fabriquant de matériel médical, bénéficiait autrefois de l'Affordable Care Act et payait 278 dollars par mois pour son assurance, qui couvrait les «troubles médicaux préexistants».

Avec la dérégulation de Trump, elle est passée à 400 dollars par mois. M. Azcue a alors résilié son contrat et opté pour un «junk plan» de National General Insurance, à 180 dollars par mois.

«Comment veulent-ils que des citoyens normaux contribuent à éliminer le risque de contamination si les hôpitaux nous facturent 3.270 dollars pour un simple test sanguin et un prélèvement nasal?», interroge-t-il. Une question à laquelle il devient urgent de répondre.

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