Interdite en France, cette procédure est légale dans certains États américains. | Kate Hliznitsova via Unsplash
Interdite en France, cette procédure est légale dans certains États américains. | Kate Hliznitsova via Unsplash

De plus en plus d'Américaines avortent grâce à la télémédecine

Le programme TelAbortion est deux fois plus sollicité depuis le début du confinement.

Alors que l'accès aux cliniques est de plus en plus contrôlé à cause du Covid-19, qu'il devient compliqué pour les médecins de se déplacer à domicile et surtout, que le droit à l'avortement connaît un recul inquiétant aux États-Unis depuis plusieurs années, de nombreuses Américaines se tournent vers la télémédecine pour mettre fin à leur grossesse.

Cela est interdit en France: prescrire ou obtenir via une téléconsultation de la mifépristone, le médicament qui permet d'avorter durant les premières semaines de la grossesse, est illégal.

Aux États-Unis en revanche, le programme de recherche TelAbortion a obtenu une autorisation spéciale de l'administration des médicaments (FDA) d'exercer à distance.

Procédure vitale

Les consultations en ligne se déroulent avec des médecins certifié·es, puis l'organisme envoie un paquet par la poste qui contient les pillules de mifépristone, ainsi que des sachets de thé, des bonbons à la menthe poivrée, des maxi-serviettes hygiéniques, une prescription d'ibuprofène et de médicaments contre la nausée.

Les consultations et les médicaments coûtent en général entre 200 et 400 dollars [entre 184 et 368 euros], et les femmes doivent réaliser une échographie et des tests en laboratoire pour le suivi médical. Ce dernier point pourrait être temporairement suspendu pendant la crise si les patientes ne peuvent se déplacer ou obtenir de rendez-vous.

Créé en 2016, TelAbortion permet désormais d'avorter dans treize États «et nous travaillons à nous étendre à d'autres États aussi vite que possible», affirme au New York Times la Dr. Elizabeth Raymond, qui gère le programme.

Depuis le début de la pandémie, la structure concentre ses efforts sur cette extension afin de remédier aux situations dangereuses dans lesquelles se retrouvent des femmes qui doivent traverser la frontière de l'État voisin.

Le nombre de femmes ayant avorté via TelAbortion a doublé en mars et en avril par rapport aux deux mois précédents. Dans les rangs conservateurs, la croissance de ce programme irrite: elle est telle qu'un sénateur Républicain a proposé une nouvelle loi destinée à interdire l'avortement par le biais de la télémédecine.

«L'alternative serait d'attendre qu'un docteur vienne sur mon île dans trois semaines», déplore dans le New York Times Mme Dale, une Hawaïenne vivant à 300 kilomètres d'Honolulu. Un délai qu'elle ne peut se permettre: elle serait alors trop avancée dans sa grossesse pour pouvoir y mettre fin.

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