Les voleurs débarquent en pleine nuit avec camion et chariot élévateur. | Damien Tupinier via Unsplash

Les voleurs débarquent en pleine nuit avec camion et chariot élévateur. | Damien Tupinier via Unsplash

Une vague de vols de ruches déferle sur les États-Unis

Le prix des ruches utilisées pour polliniser les champs californiens a explosé: elles attirent les convoitises de gangs du pollen.

Télévisions, voitures, diamants, billets de banque... Lorsque l'on pense aux biens volés, les ruches d'abeilles ne sont pas ce qui vient immédiatement à l'esprit. Pourtant, les États-Unis connaissent en ce moment un épisode de vols d'hyménoptères.

Les cambrioleurs débarquent généralement avec un camion et un chariot élévateur, afin de dérober un maximum de ruches puis de disparaître dans la nuit. L'opération détruit souvent un certain nombre de ruches et peut tuer des milliers d'insectes.

En Californie, le phénomène a pris une telle ampleur que des membres des forces de police sont désormais spécialistes de ces crimes. Rowdy Freeman, un policier de Butte County, est ainsi surnommé le «bee theft detective» («inspecteur du vol d'abeilles»).

Il détaille: en Californie, 1.695 ruches ont été subtilisées en 2016, contre seulement 101 en 2015. En 2017, le nombre s'élevait à 1.048. C'est moins qu'en 2016 mais, selon Freeman, «c'est un phénomène qui va se poursuivre à coup sûr et qui nécessite des ressources supplémentaires, comme l'emploi de technologies, afin de l'enrayer».

200 dollars par ruche

L'épicentre de ces vols est Central Valley, une vaste zone agricole située –comme son nom l'indique– au cœur de l'État. Les nombreuses cultures qui s'y trouvent nécessitent une pollinisation bien supérieure à celle permise par les abeilles naturellement présentes dans la zone.

Car ce n'est pas après le miel que courent les malfrats. La culture des amandes nécessite, selon le Guardian, deux ruches par acre (environs 4.000 mètres carrés). Or, la culture des amandes a explosé ces dernières années.

Il y a en Californie 1,17 million d'acres (un peu moins de 500.000 hectares) dédiées à ces populaires fruits à coque. En février, lorsque les amandiers sont en fleur, la demande en ruches augmente d'un coup –et, c'est la loi du marché, les prix suivent.

Il y a quelques années, une ruche valait autour de 35 dollars (32 euros). Le prix est désormais plus proche des 200 (183 euros): cette explosion monte forcément à la tête d'agriculteurs désargentés ou sans scrupule, mais aussi et surtout de bandes organisées.

«Une personne lambda ne peut pas voler 500 ruches avec un chariot élévateur et un camion», explique Charley Nye, chercheur en apiculture de l'Université de Californie. «Il faut un petit groupe d'individus pour faire quelque chose comme ça. Mais la récompense est telle que la tentation peut être grande.»

Pour les victimes, les conséquences sont lourdes: les sommes envolées peuvent dépasser la centaine de milliers de dollars, et le vol de leurs ruches constitue la perte pure et simple de leur gagne-pain.

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