Il ne suffit pas d'ajouter des couleurs aux façades pour inventer l'habitat moderne. | Adam Morse via Unsplash
Il ne suffit pas d'ajouter des couleurs aux façades pour inventer l'habitat moderne. | Adam Morse via Unsplash

Dites adieu à votre T2

Vivre en ville, trier, télétravailler, se faire livrer voire tout simplement se loger? C'est galère, et c’est normal: nos chaumières n’ont pas su évoluer en même temps que nos manières.

Tout plaquer pour repenser l’habité, c’est le pari que s'est lancé Maif Social Club à l’occasion de l’exposition gratuite «Habitatitude: dans les branches, une cabane habitée», rue de Turenne, à Paris, jusqu’à début avril. Car, comme l'explique la commissaire de l’exposition Fiona Meadows, «il est impératif de déconstruire le modèle du logement classique pour enfin l’adapter aux usages —et non l’inverse».

T1, T2, T3: touché-coulé

Quand on arrive en ville, le bon sens change de trottoir. Depuis le XIXe siècle, notre grille de lecture n’a pas changé: chambre, cuisine, salon, le tout entre quatre murs. Et basta. Nos usages eux, ont pourtant largement évolué: familles recomposées, jardins partagés, colocation, habitat participatif, urbanisation massive, accueil des réfugiés, locations entre particuliers, etc. La liste est trop longue pour énumérer ces nouvelles manières d’habiter la ville, oubliées par l’architecture moderne.

Le potager connecté imaginé avec Prêt à Pousser. | Millie Servant

IT téléphone maison

Au 37, rue de Turenne donc, le duo d’architectes Michele & Miquel offre une démonstration à taille réelle de l’habitat de demain. Présenté comme une «cabane», le projet immersif est loin des tiny houses ultraphotogéniques qui pullulent sur Instagram. L’installation prend plutôt la forme d’un échafaudage en acier permettant d’évoluer sur dix-sept plateformes de 2 m2 chacunes –un peu comme un prototype échelle 1 permettant d'appréhender le concept d’habitat du futur plus que sa réalité esthétique.

Le plan de la cabane-exposition. | Maif Social Club

La cabane est un prétexte pour concevoir un idéal d’habitation. «On est en phase de recherche: il s’agit ici de remettre à plat l'habité de manière théorique», explique la commissaire. Boîte aux lettres king size adaptées aux livraisons internet et aux dons solidaires, système de tri des déchets avancé, établi de bricolage, potager connecté avec Prêt à Pousser, parking à trottinettes, espace de méditation-sieste avec Petit Bambou, toilettes sèches et cuisine solaire avec IDCOOK: les usages d’aujourd’hui et de demain sont au cœur de l’espace. Des verbes sous forme de néologismes indiquent d’ailleurs les usages auxquels sont vouées les différentes pièces: s’intimer, musiquer, se beauter, etc. Bref, qu’importe le style, pourvu qu’on ait l’emploi.

L’espace de sieste et méditation imaginé avec Petit Bambou. | Millie Servant

La programmation d’événements autour de l’exposition a été pensée dans cette optique: ateliers de fabrication de lessive ou sérigraphie de taie d’oreiller, session de domozique (pour faire de la musique avec la domotique), tout est permis. Il est également possible de réserver une pièce pour y vivre un court moment. Tous ces événements sont gratuits et ouverts à tous. Qui sait, l’exposition verra peut-être passer le futur génie qui fera (vraiment) rimer Haussmann avec cabane?

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