C'est un sacré pari que tente d'imposer l'Américain. | Emilee Chinn / Getty Images North America / AFP
C'est un sacré pari que tente d'imposer l'Américain. | Emilee Chinn / Getty Images North America / AFP

Comment un joueur de la NBA veut révolutionner les contrats sportifs

Passionné de finance, le meneur des Brooklyn Nets Spencer Dinwiddie espère bouleverser les règles du jeu.

En plus des meilleurs basketteurs du monde, la NBA abrite également quelques têtes pensantes de la tech américaine. Lors de leur passage aux Warriors de Golden State, à San Francisco, Andre Iguodala et Kevin Durant ont investi dans plusieurs entreprises de la Silicon Valley.

Depuis plusieurs mois, c'est un autre joueur qui fait les gros titres: en septembre 2019, Spencer Dinwiddie a annoncé vouloir transformer en tokens une partie de son nouveau contrat de 34,4 millions de dollars [30,8 millions d'euros] sur trois ans.

Comme l'expliquait alors Basket USA, l'idée était de «vendre des jetons virtuels (des “tokens” en cryptomonnaie) qui correspondront à des parties de son bail. Pour les vendre, il doit les mettre sur le marché en dessous de leur valeur, afin que les investisseurs puissent attendre un bénéfice. [...] Ce système lui permet de dégager quasiment tout l'argent qui lui est dû immédiatement, alors que son salaire n'est bien sûr versé qu'au fil des trois prochaines années. L'argent perdu au moment de la vente peut donc être récupéré en investissant une plus grosse somme au départ sur les marchés financiers».

Manque de chance, l'initiative n'a pas du tout plu à la NBA. L'organisation a menacé Dinwiddie de rompre son contrat, pour deux raisons principales: parce que la convention collective (CBA) interdit aux joueurs «de céder ou de transférer leur droit à une compensation de la part de leur équipe à un tiers», et parce que la troisième année de contrat du joueur des Nets est en option.

S'il le souhaite, Dinwiddie pourra activer cette option et gagner 12,3 millions de dollars sur la saison 2021-2022. Mais il pourra aussi choisir d'y renoncer et essayer de trouver une meilleure situation, éventuellement plus rémunératrice –et au passage plus intéressante pour ses investisseurs.

Changement de plan

«Ils [La NBA] nous ont plus ou moins dit que cette option revenait à du pari, et ils auraient mis fin à mon contrat pour ça», a déclaré Spencer Dinwiddie à Forbes.

Le meneur, qui y voyait un moyen pour ses supporters d'être encore plus investi·es dans ses prestations, a préféré faire marche arrière et revoir son idée avec ses conseillers financiers. «Spencer Dinwiddie l'a beaucoup changée, transformant son argent en un produit de placement, qui n'est plus directement lié à son contrat NBA», détaille Basket USA.

Dinwiddie assure que ce qu'il a mis en place «permet aux joueurs de structurer et d'émettre des titres de créance sous forme de jetons numériques, pour investir leur argent comme ils le souhaitent. Cela fonctionnerait comme une décentralisation du prêt personnel aux athlètes par le biais d'obligations qu'ils créent, avec leurs contrats garantis en caution».

La NBA n'a pas encore officiellement tout validé, mais le joueur des Nets a malgré tout lancé l'opération le 13 janvier, sous le nom de «Spencer Dinwiddie Bond».

«Sa plateforme d'investissement va s'appeler “DREAM Fan Shares” et va lui permettre de vendre 90 tokens SD8 [d'une valeur de 150.000 dollars chacun], indique Yahoo!. […] Ils ne peuvent être achetés que par des investisseurs accrédités qualifiés qui ont passé plusieurs normes SEC [de la Securities and Exchange Commission] et légales.»

Mais Dinwiddie a déjà envie de voir plus loin et de rendre son projet accessible au grand public –de quoi faire dire à ses fans que Satoshi Nakamoto a été retrouvé.

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