Une section de mur à La Joya, Texas, le 1er juillet 2021. | Brandon Bell / AFP

Une section de mur à La Joya, Texas, le 1er juillet 2021. | Brandon Bell / AFP

L'entrepreneur qui a tout parié sur le mur de Donald Trump y croit encore

Malgré la défaite de l'ancien président, Tommy Fisher continue sans relâche d'essayer de vendre son mur.

Un mur géant tout le long de la frontière avec le Mexique. La promesse phare de la campagne de Donald Trump, qui souhaitait stopper l'immigration illégale, était prise très au sérieux par les partisans du candidat à l'élection présidentielle. L'un d'entre eux, Tommy Fisher, le PDG d'une entreprise de BTP, s'est même mis en tête de le construire.

Depuis 2016, Fisher écume les plateaux de Fox News et d'autres médias conservateurs pour clamer qu'il peut construire le meilleur mur imaginable.

Comme l'explique Bloomberg dans un portrait, Fisher a une obsession: laisser une trace dans l'histoire. Le mur de Trump représente pour lui la parfaite opportunité: «C'est un projet dont on se rappellera, comme le barrage Hoover.»

Fisher dépense plus de 100.000 dollars (85.000 euros) en lobbying et communication pour récupérer le contrat public pour le mur. Mais près d'un million de dollars d'amendes pour des infractions environnementales, de sécurité et du droit du travail ainsi qu'une affaire de fraude fiscale ne mettent pas son entreprise, Fisher Sand & Gravel, en odeur de sainteté à Washington.

Ne pouvant obtenir de contrat officiel, Fisher se décide à se tourner vers We Build the Wall. L'association fondée par Steve Bannon, l'éminence grise de Donald Trump, vise à construire des portions privées du mur afin d'accélerer le processus. En 2019, Fisher construit ainsi environ un kilomètre de mur pour 6,9 millions de dollars, réunis via une cagnotte en ligne.

«Lamborghini des murs»

Pas de chance pour l'entrepreneur, We Build the Wall n'est pas une organisation des plus sérieuses. Ses paiements se faisant attendre, Fisher finit par se séparer de l'organisation et continue le projet avec ses fonds personnels. Bannon est mis en examen quelques mois plus tard pour s'être servi dans la caisse de l'organisation.

Bloomberg raconte que Fisher croyait dur comme fer qu'en poursuivant la construction, le gouvernement finirait par acheter ce qu'il considère comme «la Lamborghini des murs», une série de pitons métalliques fichés dans du béton.

En 2020, miracle. Trump et son beau-fils Jared Kushner insistent auprès du génie militaire pour confier le contrat public à l'entrepreneur, qui continue d'apparaître sur Fox News. Fisher obtient donc 2,5 milliards de dollars pour construire plusieurs portions du mur.

Seulement, quelques mois plus tard, Biden devient président et le projet est immédiatement abandonné. Malgré la situation politique et de sérieuses traces d'érosion sous son mur placé trop près du Río Grande, Fisher y croit encore.

Les travaux ont beau être à présent arrêtés, Fisher tient à poursuivre son œuvre, qu'il tente désormais de vendre aux propriétaires le long de la frontière et à l'État du Texas. D'ici là, et avec de bonnes jambes, sa section de mur la plus longue peut être contournée à pied en à peu près vingt-cinq minutes.

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