Ces techniques pourraient refroidir le globe. Des méthodes d'apprentis sorciers? | Nasa via Unsplash
Ces techniques pourraient refroidir le globe. Des méthodes d'apprentis sorciers? | Nasa via Unsplash

La géo-ingénierie, messie climatique ou drogue de substitution?

Ces méthodes artificielles de modification de l'écosystème divisent écolos et scientifiques.

En mars, les États membres de l’Onu se sont réunis à Nairobi, au Kenya, à l'occasion de la quatrième assemblée de l'organisation dédiée à l’environnement.

Pour la première fois à un aussi haut niveau de gouvernance, ils ont discuté de la géo-ingénierie. L’occasion de revenir sur cette méthode controversée.

  • La géo-ingénierie, c’est quoi?

Imaginez l’équivalent de la chirurgie corrective, mais pour le climat. La géo-ingénierie est un ensemble de moyens visant à modifier artificiellement l'écosystème planétaire. Appliquées à très grande échelle, ces techniques peuvent modifier le climat et potentiellement refroidir le globe.

  • Comment ça marche?

Parmi les idées évoquées, il serait possible de mettre du fer dans les océans afin de stimuler la pousse des phytoplancton, qui absorbent ensuite le CO2. Plus simplement, on pourrait planter d’immenses quantités d’arbres afin d’aspirer le CO2 dans l’air.

Il est aussi proposé de souffler des milliards de particules de sulfate dans la stratosphère pour empêcher les radiations solaires d’atteindre l'atmosphère. Une autre solution est de regeler la banquise en envoyant des navires pomper des particules de sel dans la mer pour les rejeter dans les nuages. Ces derniers deviendraient plus blancs et réfléchieraient davantage les rayons du soleil, ce qui refroidirait les pôles et l'atmosphère.

La technologie existe également pour capturer directement le dioxyde de carbone de l'atmosphère et plusieurs start-ups essaient d'accélérer le développement des solutions qu'elles proposent.

  • Ça a l’air génial, pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant?

Parce que la géo-ingénierie a toujours été une idéologie marginale. La plupart des scientifiques estiment que c’est une diversion face à la réelle urgence, qui est de diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effets de serre.

Les solutions conjoncturelles au réchauffement climatique risquent fortement de retarder l’adoption de mesures structurelles et à long terme, à savoir: stopper notre addiction aux énergies fossiles. La popularisation de la géo-ingénierie risquerait ainsi de n’être qu’une fuite en avant.

L’industrie pétrolière est en revanche très enthousiaste à cette idée, qui pourrait la laisser continuer à exploiter la planète tout en faisant mine de la sauver.

Sans parler bien sûr des risques que de telles manipulations démiurgiques comportent. Modifier la composition des océans pourrait peut-être faire baisser les taux de CO2, mais quid de l’équilibre des écosystèmes sous-marins par exemple? N’est-il pas plutôt temps d’arrêter de jouer aux apprentis sorciers?

Une application potentiellement unilatérale de techniques de géo-ingénierie ne va pas non plus sans des questions éminemment politiques –elle pourrait se faire au profit de certaines nations mais au détriment d'autres, agraver des déséquilibres déjà profonds ou provoquer des conflits d'un nouveau type.

  • Pourquoi en reparle-t-on?

Rien n’a vraiment changé –hormis un désespoir croissant. La baisse des émissions de CO2 de certains pays développés entre 2005 et 2015 n'est qu'un lointain souvenir et les prédictions alarmistes à propos du réchauffement climatique et de ses conséquences à courte comme à plus longue échéance se multiplient.

Pour différentes raisons (fatalisme, manque de confiance dans les gouvernements, intérêts à ce que certaines industries survivent, souhait de ne rien changer à ses habitudes), certaines personnes estiment que la réduction drastique des émissions est impossible ou contre-indiquée. Pour assurer la survie de notre espèce, elles se tournent donc vers des méthodes de dernière chance, dont la géo-ingénierie fait partie.

  • Donc, ça y est, on va le faire?

C'est plus compliqué que ça. Car la coopération entre les nations est primordiale pour que ce genre d’actions puissent marcher. Planter de gigantesques forets est une belle initiative mais si, comme c’est le cas sous Jair Bolsonaro, le Brésil met en doute le réchauffement climatique et tronçonne joyeusement l’Amazonie, cela ne risque guère de marcher.

Pour l’instant, on ne peut pas dire que les expérimentations se fassent de manière coordonnée. Au mieux, les nations font leurs recherches dans leur coin. Au pire, de riches «climato-pirates» mènent des expériences en toute illégalité et hors de tout contrôle.

Lors de la conférence de Nairobi, la Suisse, appuyée par une poignée d’autre pays, a plaidé pour une gouvernance globale, afin que l’Onu évalue sérieusement les recherches scientifiques sur la question et encadre plus sévèrement ces projets risqués.

Mais l’AFP affirme qu’elle a rencontré une «vive opposition de la part des États-Unis et de l'Arabie saoudite». Deux pays qui ont grand intérêt à la survie des industries des énergies fossiles.

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