Construction d'une mine de charbon chinoise à Islamkot, au Pakistan. | Rizwan Tabassum / AFP
Construction d'une mine de charbon chinoise à Islamkot, au Pakistan. | Rizwan Tabassum / AFP

Un gouvernement autoritaire pourrait-il sauver la planète?

Spoiler: comme l'illustre le cas chinois, non.

Après que le retrait des États-Unis de l'accord de Paris en 2017, de nombreux articles ont estimé que la Chine, qui assure qu'elle compte bien tenir ses engagements, prenait ainsi la tête de la lutte contre le changement climatique.

Ce statut, couplé avec la nature autoritaire du régime chinois, pose donc la question: une dictature dite éclairée et écologiste serait-elle souhaitable, ou du moins nécessaire, pour éviter la catastrophe annoncée?

Certains estiment que, étant donnée l'urgence de la situation, des mesures ambitieuses imposées par le haut seraient la meilleure marche à suivre –parmi eux, la Chine elle-même, qui vante son rôle de leader.

En 2017, les officiels chinois ont joué à fond la carte de l'opposition avec les États-Unis, en répétant l'importance de l'environnement à leurs yeux, annonçant que des centaines de milliards d'euros seraient dépensés d'ici 2020 dans les énergies renouvelables.

Soft power écolo

Ces déclarations ont fonctionné, puisqu'en 2018, à l'occasion d'un voyage dans le pays, Emmanuel Macron a salué un revirement, estimant même que «la Chine [démontre] une force d'entraînement mondial».

Ce soft power écolo est surprenant pour le premier émetteur de gaz à effet de serre du monde. Car si un gouvernement autoritaire peut facilement décider de prendre des mesures ambitieuses et contraignantes à un rythme qui lui sied, peu de voix protestent lorsque les promesses ne sont pas tenues.

D'autant que le silence imposé par les autorités chinoises rend la tâche difficile à celles et ceux qui voudraient veiller à ce que le régime mette en œuvre ses engagements. Par exemple, l'information selon laquelle des centrales à charbon ont été remises en route en 2018 a été obtenue il y a quelques mois par des activistes en étudiant des images satellites.

Dans Libération, l'historienne Valérie Chansigaud estimait en avril qu'espérer un autoritarisme écologique «est une idée qui est déconnectée de l'enseignement de l'histoire. Attenter aux libertés au nom d'un intérêt supérieur, c'est le modèle de tous les régimes autoritaires, qui finissent toujours par privilégier une classe.»

En l'occurrence, les grandes entreprises chinoises ont été épargnées par le changement de politique. Certes, la Chine investit dans les énergies renouvelables et tente de réduire sa consommation de charbon, mais elle ne compte pas pour autant se défaire des compétences qu'elle a développées dans l'exploitation du combustible fossile.

Comme le raconte NPR, la Chine est impliquée dans la construction d'environ 300 centrales autour du monde –souvent dans le cadre de sa «nouvelle route de la soie», un ensemble de liaisons commerciales qui devrait pourtant, à en croire Xi Jinping, être «vert et durable».

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