Il y a des déroutes qui représentent à elles seules une tendance plus globale. La destruction du 11e corps d'armée, basé dans l'oblast de Kaliningrad, une importante force russe, est de cette trempe-là: elle est un véritable symbole de la débâcle des armées du Kremlin dans son invasion meurtrière de l'Ukraine.
Le 11e corps d'armée était il y a encore moins d'un an une véritable épine dans le pied de l'Europe. Kaliningrad, cette enclave russe géographiquement séparée du reste du territoire et coincée entre la mer Baltique, la Pologne et la Lituanie, est une zone stratégique qui aurait pu donner aux forces russes un avantage certain en cas de guerre mondiale.
Conscient de cette aubaine, le Kremlin a formé, il y a six ans, ce fameux 11e corps d'armée, censé protéger Kaliningrad et menacer l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Au lieu de ça, ses quelque 12.000 soldats ont presque tous péri en Ukraine.
Tentative désespérée
Avant que Vladimir Poutine ne lance son invasion de l'Ukraine le 24 février 2022, le 11e corps d'armée était stationné dans l'oblast de Kaliningrad avec tout un tas de chars, de véhicules de combat et d'artillerie, rapporte le média américain Forbes.
Mais une fois le conflit engagé, rien ne s'est vraiment passé comme prévu pour le Kremlin, qui a fini par se retirer de nombreuses régions du nord de l'Ukraine –notamment autour de Kiev. À l'est, d'importantes zones près de Kharkiv menaçaient de tomber à leur tour des mains russes. C'est là que le 11e corps d'armée a été dépêché, dans une tentative désespérée de reprendre la main.
Transportées par bateau puis par avion jusqu'à Belgorod, les troupes ont terminé sa course près de Kharkiv, où des combats acharnés se déroulaient alors. Trois mois plus tard, des documents datant du 30 août, récupérés par l'agence Reuters, indiquaient que ce corps d'armée était à 71% de son effectif total. Et ça, c'était avant l'importante contre-offensive ukrainienne dans la région, lancée le 6 septembre 2022.
Finalement, les Russes ont été boutés hors de plus de 500 localités de la zone, où ce fameux 11e corps était en première ligne. Fin septembre, le Centre d'études stratégiques et internationales de Washington D.C. déclarait que cette branche de l'armée était «sévèrement battue». Il ne resterait presque rien de ce corps, qui fut un temps une sérieuse menace.