Infographie diffusée par le Hamas
Infographie diffusée par le Hamas

Pourquoi le Hamas s'intéresse-t-il à la cryptomonnaie?

La branche armée du groupe a effectué un appel aux dons en bitcoins.

Fin janvier, la branche armée du Hamas a appelé ses soutiens à le financer via des dons en bitcoins. Le mouvement de la bande de Gaza traverse en ce moment une sévère crise financière, étranglé entre le blocus israélien, le déclin des aides des pays alliés et la pression de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Les Brigades Izz al-Din al-Qassam, sa branche militaire, ont diffusé une infographie expliquant le fonctionnement de la cryptomonnaie et détaillant la manière d'effectuer un don. Depuis, le groupe a reçu quelques milliers d'euros. La somme semble modeste, mais d’après Yaya Fanusie, un ancien analyste de la CIA, les autres tentatives de financement de ce type avaient connu beaucoup moins de succès.

Si cet argent reste une goutte d’eau dans le budget d’un groupe comme le Hamas, cette stratégie a pour but –et potentiel– de populariser cette méthode de financement: les dons transitant sur une blockchain et non via une banque ne peuvent être ni interceptés, ni saisis. Il est certes possible d'identifier les individus derrière les comptes émetteurs, mais ces personnes ne risquent pas grand-chose si la transaction est effectuée depuis un pays ne reconnaissant pas le Hamas comme une organisation terroriste.

Alliés incongrus

Une autre explication de l'appel à utiliser cette méthode se trouve peut-être dans une vision du monde ultra-libérale, souvent associée au bitcoin, qui souhaite que le marché soit totalement libre de l’influence des gouvernements et qui prône une ouverture au net totale et sans contrainte. Les cryptomonnaies prospèrent notamment sur ce terreau idéologique, et certains tenants de ce libéralisme sans borne remettent fortement en cause les éventuelles sanctions qui pourraient s'appliquer au bitcoin.

Cet attachement à la liberté absolue des cryptomonnaies permettrait au Hamas d’être soutenu par des personnes n’ayant a priori pas d’intérêt particulier pour la cause palestinienne, comme le reconnaît lui-même Yaya Fanusie dans un article pour Forbes: «Il y a une minorité, petite mais vocale, qui critiquerait les éventuelles sanctions des États-Unis. […] Ces critiques estiment que la possibilité d’envoyer n’importe quel montant à n’importe qui, n’importe où et anonymement est requis pour garantir la liberté.»

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