La merde a tellement accompagné nos technologies qu'elle en est devenue un emoji. | Sincerly Media via Unsplash
La merde a tellement accompagné nos technologies qu'elle en est devenue un emoji. | Sincerly Media via Unsplash

Une histoire technologique du caca

Il a été l'engrais de la civilisation humaine, il pourrait désormais être sa perte.

Difficile de ne pas avoir de haut-le-cœur lorsque des odeurs d'excréments parviennent à nos narines. Cependant, le niveau de gêne ressentie face à ces effluves dépend de leur provenance.

L'odeur des matières fécales des animaux diffère en effet selon leur régime alimentaire et leur métabolisme. Les crottins de chevaux ont par exemple une odeur bien moins repoussante que celle des bouses de bovins.

Aussi dérangeante que soit l'odeur des excréments, elle est le témoin de l'évolution technologique de notre civilisation.

Cette odeur faisait partie intégrante de la vie de nos ancêtres. Par exemple, ils utilisaient les selles des animaux pour chasser leurs proies ou comme combustible pour allumer du feu –c'était encore le cas en France il y a quelques années.

Avec le temps, les premiers fermiers et agriculteurs ont compris le pouvoir des matières fécales qui, dans la terre, favorisent le rendement. Selon les archéologues, c'est en Grèce et en Europe centrale que l'on a commencé à utiliser des excréments dans les champs, il y a au moins 7.000 ans.

Cette pratique améliorant lentement la productivité agricole, elle représente un investissement sur le long terme qui aurait inspiré les fondements de la propriété.

Le fumet du progrès

L'odeur du fumier est moins agressive que celle des excréments frais. Il est généralement constitué d'un mélange d'excréments, de paille et de résidus de nourriture.

Le fumet de ce type d'engrais est celui que l'on peut sentir dans les fermes à la campagne. Sans être plaisant, il est toutefois associé à quelque chose de positif.

En revanche, il nous est très désagréable de renifler l'odeur émanant des parcs d'engraissement, qui dominent la production de lait et de viande depuis une dizaine d'années et confinent un nombre considérable d'animaux dans de petits espaces.

On y donne au bétail des aliments qui contiennent une quantité d'azote supérieure à celle dont il bénéficierait en se nourrissant de plantes naturelles. Leurs excréments, riches en substances volatiles nauséabondes, sont nocifs pour l'environnement et pour notre santé.

L'odeur des parcs d'engraissement est celle de l'agriculture industrielle moderne. Les excréments y ont une odeur qui symbolise une rupture avec l'agriculture traditionnelle, qui redonnait à la terre ce qui lui avait été pris.

En effet, les parcs d'engraissement ne recyclent pas les matières fécales de leur bétail en engrais, cela n'étant pas jugé assez lucratif. À ce jour, les engrais synthétiques sont cinq fois plus utilisés dans le monde que les engrais naturels.

Si les premiers ont permis un développement rapide de notre civilisation, ils sont également à l'origine de sérieux dégâts sur notre planète.

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